mardi 20 octobre 2015

Michèle Rivasi s'attaque aux laboratoires

Source : Le Dauphiné Libéré

 

La députée européenne écologiste dénonce dans un livre à paraître cette semaine « le racket des laboratoires pharmaceutiques ».

“ Le Racket des laboratoires pharmaceutiques” , le livre de Michèle Rivasi, coécrit avec Serge Rader (pharmacien et lanceur d’alerte) et Marie-Odile Bartella-Geffroy, sortira le 22 octobre. Le même jour que le colloque qu’elle organise à l’Assemblée nationale qui sera justement en plein débat sur la santé. Mais ça a plutôt tendance à l’amuser. Car le rôle de l’empêcheuse de magouiller en rond, ça fait bien longtemps qu’elle l’endosse. « Ça m’amuse ! » avoue en riant la députée européenne EELV, avant de citer la lettre du président du Leem (les entreprises du médicament) qui s’est offusqué de la tenue d’un tel colloque ce jour-là.
« En tant que députée européenne (siégeant à la commission santé environnement et droit du consommateur NDLR), j’ai pu voir que les médicaments génériques en France étaient 30 % plus chers que dans d’autres pays, et que les médicaments les plus récents étaient souvent les plus chers, sans compter tous les scandales, grippe H1N1, Mediator… C’est ce qui a déclenché l’idée de ce livre. »
L’autre question qui va découler de ce constat, c’est celle du prix des médicaments. Qui les fixe et comment, sachant qu’un même produit, fabriqué au même endroit, peut être vendu trois à dix fois moins cher en Italie.

Chaque pays est souverain pour fixer les prix

« Chaque pays est souverain pour fixer les prix. Mais en Italie, ils ont mené une opération mains propres dans les années 1990 pour assainir le système. Des patrons de labo ont fini en prison. Sauf que là-bas, les procureurs sont indépendants, depuis la lutte anti-mafia ». Pas la même situation en France, selon la députée, qui a confié une partie de son livre à Marie-Odile Bertella-Geffroy, avocate qui s’est battue dans les affaires du sang contaminé, des hormones de croissance et des cancers de la thyroïde post-Tchernobyl. « Et elle n’a gagné aucun procès ! Pourquoi ? Parce que quand ça prend une certaine dimension, des protections se mettent en route. »
Rôle du ministère de la Santé, liens entre les laboratoires et les ministres, exemples de conflits d’intérêts, retour sur des scandales récurrents, et propositions pour faire évoluer les choses sont évoqués dans ces 230 pages publiées aux éditions « Les Petits Matins ».
Par Mireille ROSSI |

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