dimanche 20 août 2017

Gérard Collomb veut mobiliser les hôpitaux psychiatriques pour identifier les terroristes potentiels

Source : Huffington Post
TERRORISME - Comment identifier les terroristes avant leur passage à l'acte? Au lendemain de l'attentat de Barcelone qui a coûté la vie à une quinzaine de personnes, et neuf jours après l'attaque contre des militaires à Levallois, la question a, de nouveau, été posée au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.
Invité de RTL ce vendredi matin (le passage est à écouter à partir de 4'50), il a déclaré travailler de concert avec la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour élaborer un dispositif médical en amont.
Le gouvernement réfléchit en effet à "mobiliser l'ensemble des hôpitaux psychiatriques et les psychiatres libéraux de manière à essayer de parer à cette menace terroriste individuelle". Gérard Collomb a évoqué des "protocoles" qui seraient créés pour faire face à un "certain nombre de gens (qui) ont des délires autour de la radicalisation islamique". Le but: "échanger avec celles et ceux qui les côtoient" et les mettre hors d'état de nuire.
Pour le ministre de l'Intérieur, cette possibilité permettrait d'identifier l'un des deux types (le second) de terroristes qu'il définit. "Vous avez à la fois des attaques planifiées comme celle qui vient de se produire en Espagne et puis vous avez des gens qui se radicalisent brutalement avec souvent des profils psychologiques extrêmement troublés", indique l'ancien maire de Lyon en référence à celui qui a tenté de s'en prendre à des militaires le 9 août dernier.
"Faire naître un gendarme en eux"
Cette initiative reçoit un accueil positif chez cette psychiatre cannoise que Le HuffPost a contactée. "Je suis entièrement d'accord [avec cette proposition]. Nous, psychiatres, sommes aussi des gardiens de la cité", estime Nadia Gherab Chellali, experte judiciaire à la Cour d'appel d'Aix-en Provence.
Cette médecin appelle aussi les généralistes à davantage s'interroger quand ils prescrivent des médicaments. "Nous n'avons pas d'échelle de dangerosité mais un malade mental qui a commis un acte médico-légal, il faut s'en méfier. Et cela passe aussi par une meilleure prescription des psychotropes que les médecins généralistes ne prescrivent pas avec assez de prudence", ajoute-elle. Et Nadia Gherab Chellali de conclure: "Nous les psychiatres n'avons pas la prétention que nous allons guérir ces malades, mais on va faire naître en eux ce que l'on peut appeler un gendarme."

Suppression des Contrats Aidés, c'est la fin des Associations !

SIGNEZ LA PETITION ICI 


Nous sommes co-présidents de l'association LieU'topie à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme. Aujourd'hui, notre association voit sa survie être mis en péril par la possible suppression des Contrats Aidés (CUI-CAE) d'ici la fin de l'année. Pour nous, cela ne représente que deux personnes salariées mais à l'échelle Nationale ce sont 293 000 emplois qui sont menacés !
La conjoncture économique et sociale de ce début de mandat présidentiel d’Emmanuel Macron s’annonce catastrophique pour les associations. Après une réduction des aides aux associations de la part des conseils régionaux, c’est au tour de l’État de venir ajouter sa part de coupes budgétaires.
Cette semaine, madame la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, vient d’annoncer la suppression possible des contrats aidés, CUI-CAE, d’ici la fin de l’année. Pour l’instant toutes les personnes non contractualisées avant le 9 Août 2017 voient leurs possibilités d’embauches retoquées par l’agence pour l’emploi et les employeurs ne peuvent plus faire de demandes d’ouverture de dossier.
La redistribution de la richesse nationale auprès des structures d’intérêt collectif et général semble à son crépuscule. Les conséquences s’annoncent désastreuses...
Les associations sont en effet des actrices incontournables de la solidarité, de la culture, et de l’environnement. Elles ont une identité citoyenne et solidaire qui n’a pas vocation à développer un modèle économique basé sur la rentabilité marchande dans un marché concurrentiel. L’émancipation individuelle et collective, l’épanouissement et le bien être, une économie plus solidaire et démocratique… Ces enjeux ne peuvent pas être sacrifiés sur l’autel du libéralisme économique.
Mme la ministre justifie dans une interview cette semaine que selon elle, les contrats aidés « ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage » et « qu’ils ne sont pas un tremplin pour l’insertion professionnelle ».
En tant que structure pilote de l’Economie Sociale et Solidaire nous ne pouvons nous résigner à imaginer que l’économie devrait se résumer au marché concurrentiel. L’économie englobe l’ensemble des activités de production, de distribution, et de consommations des richesses. L’hégémonie du modèle néolibéral n’est pas compatible avec la solidarité, la citoyenneté et le respect de l’environnement.
Aussi, si nous continuons en ce sens, les associations se verront obligées de faire un choix : mourir, ou se tourner unilatéralement vers l’économie de marché pour se financer.
Quel que soit leur choix, mourir ou faire évoluer leur modèle économique, le résultat sera le même : la destruction d’un modèle de société citoyenne, solidaire, et démocratique, au profit d’une société de l’individualisme, de la concurrence et de l’instrumental.
A travers cette mesure, les associations ne sont malheureusement pas les seules à subir cette asphyxie économique mais les établissements d’enseignements et les collectivités locales en prennent leur part car ces deux secteurs portent environs 40% de ces contrats (*source DARES, direction de l’animation de la recherche, des études et statistiques). Au total cette année 293 000 emplois sont concernés, auquel nous pouvons ajouter ceux en cours de création et ceux à venir pour l’année 2018.
Aujourd’hui, notre indignation dépasse la question de l’emploi. Nous voulons alerter ici les pouvoirs publics quant aux hommes et aux femmes qui sont contractualisés dans ces conditions, qui ont retrouvé l’accès à un emploi, une formation en continue rémunérée et la possibilité pour des petites structures de créer des postes adaptés à leurs besoins.
Au nom des activités économiques d’intérêt collectif et général que nous faisons vivre quotidiennement, au nom de la redistribution des richesses et de la justice sociale, valeurs ancrées au cœur de notre république Française, nous demandons que ce dispositif soit maintenu pour que les structures associatives puissent continuer d’assurer leurs missions d’intérêt général.
 
Jean-Baptiste Pegeon et Geoffrey Volat, co-présidents de l'association LieU'topie

SIGNEZ LA PETITION ICI

Cette pétition sera remise à:
  • Madame la ministre, Muriel Pénicaud

samedi 19 août 2017

La désobéissance civile de Cédric Herrou “incarne la conception vivante de la démocratie”

Source : Telerama

 Cédric Herrou devant le Palais de Justice de Nice, le 4 janvier 2017.
Pour avoir aidé des migrants sans-papiers, l'agriculteur Cédric Herrou a été condamné mardi 8 août 2017 à de la prison avec sursis. Son initiative évoque la désobéissance civile, un principe politique indispensable du progrès et du mouvement démocratique, selon le philosophe Manuel Cervera-Marzal.
Depuis bientôt deux ans, l’agriculteur Cédric Herrou, militant de l’association Roya citoyenne, conduit, héberge et nourrit des centaines de migrants clandestins qui tentent de traverser la frontière italo-française. Il a été condamné mardi 8 août à quatre mois de prison avec sursis pour aide à l’immigration clandestine. Après avoir été relaxé en première instance, il a également été condamné à mille euros de dommages et intérêts pour l’occupation illicite d’un bâtiment SNCF désaffecté dans lequel il logeait cinquante-sept migrants érythréens, dont vingt-neuf mineurs.

Lire la suite  de l'article ici  



Lire aussi : 

Hannah Arendt, Du mensonge à la violence, essais de politique contemporaine, Calmann-Lévy.

Manuel Cervera-Marzal, Désobéir en démocratie, la pensée désobéissante de Thoreau à Martin Luther King, Aux forges de Vulcain.
Manuel Cervera-Marzal, Les Nouveaux Désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ?, Au bord de l'eau.

John Rawls, Théorie de la justice, Points.

Henry David Thoreau, La Désobéissance civile, Gallmeister.
Henry David Thoreau, Résister, Fayard

Demandeurs d’asile et rumeurs: ce qui est vrai, ce qui est faux

Source : Metro

L’arrivée massive de migrants haïtiens au Canada soulève les passions, les questionnements, les préjugés et, surtout, les idées reçues. Mais qu’en est-il vraiment, d’un point de vue légal et objectif? Entrevue avec Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration.
Me Stéphane Handfield
Les demandeurs d’asile franchissent-ils la frontière de manière illégale? Les politiciens refusent-ils «d’appliquer les lois sur l’immigration»?
Pour les demandeurs d’asile, on parle d’une entrée irrégulière et non d’une entrée illégale. La Convention de Genève stipule que le pays signataire [donc le Canada] ne prendra aucune mesure à l’encontre d’une personne qui franchit sa frontière dans le but de demander la protection. Alors, il est faux de prétendre que ce sont des «illégaux». La preuve: aucune accusation n’est déposée contre ces personnes-là par la Gendarmerie royale du Canada [GRC]. C’est le même principe que pour les gens qui utilisent de faux passeport afin de demander le statut de réfugié au Canada ou ailleurs. Cependant, si vous ou moi décidons d’utiliser un faux passeport pour entrer en France, par exemple, c’est sûr que nous serons accusés d’avoir utilisé un faux document. Ça sera une entrée illégale à ce moment-là.
Pouvez-vous résumer le processus de demande de statut de réfugié?
À partir du moment où on fait une demande d’asile au Canada et où l’agence des services frontaliers du Canada la juge recevable [NDLR: vérification du casier judiciaire, entre autres], le dossier est transmis à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, à la section de la protection des réfugiés. La personne aura à se présenter devant ce tribunal, à témoigner, à soumettre des preuves, et elle devra démontrer qu’elle a des craintes d’être persécutée, advenant un retour en Haïti, par rapport à sa race, sa nationalité, sa religion, ses opinions politiques ou son groupe social [qui inclut les femmes, les mineurs et les homosexuels]. Il faut aussi démontrer que la crainte est actuelle, personnelle, et qu’elle s’applique à tout le territoire du pays. Les gens pensent que c’est facile, mais c’est un processus très ardu. Il faut aussi démontrer que les autorités du pays ne sont pas capables de nous protéger.
S’agit-il d’une bonne stratégie pour obtenir la citoyenneté plus rapidement que ceux qui en ont fait la demande avant, de manière traditionnelle?
Vraiment pas. Avant d’être citoyens, ces gens-là ont un long processus à parcourir pour être, dans un premier temps, reconnu comme réfugié, et ça, ça prend une année. Ils devront ensuite, si on leur reconnaît le statut de réfugié, faire une demande de résidence permanente: on parle encore de long délais. Une fois qu’ils seront résidents permanents, il leur faudra attendre quatre ans avant de pouvoir être admissible à une demande de citoyenneté. Donc, c’est encore plus long.
Beaucoup de gens pensent qu’il s’agit d’une stratégie orchestrée par les politiciens pour gagner des votes…
Ces gens-là n’auront pas le droit de vote avant sept ou huit ans. Et ça, c’est s’ils réussissent le processus. Ce n’est pas parce qu’on est résident permanent qu’on est automatiquement citoyen. Il y a des critères à respecter, des examens, des entrevues à passer.
Profitent-ils des sommes qui auraient pu être remises aux personnes âgées ou en situation d’itinérance?
Ce n’est pas parce que ça va mal dans une sphère de la société qu’il faut en pénaliser une autre. On ne coupera pas dans le système d’éducation si ça va mal en santé. Si on décide d’aller à l’encontre de nos obligations [dictées par la Convention de Genève], on déchire les conventions.
Le Programme fédéral de santé intérimaire [PFSI, programme similaire à la RAMQ] est offert automatiquement aux demandeurs d’asile. Ça fait partie du système, du droit des demandeurs de demeurer au Canada. Ça fait partie de nos obligations internationales. Et est-ce que ça serait mieux de laisser les gens mourir s’ils ont besoin d’être soignés?
Certains arrivent avec des objets de valeur, et des internautes ont conclu qu’ils se font «payer la traite» par le gouvernement…
Avez-vous été faire un tour à Lacolle, dans les tentes? Au Stade olympique? Ce n’est pas ça, se faire «payer la traite». Ce ne sont pas des profiteurs, des menteurs, des illégaux. Il faut partir du principe que des gens ont des craintes par rapport à leur avenir. Un réfugié n’est pas dans la rue, avec un jean troué. D’ailleurs, les premiers persécutés [dans certains régimes] sont souvent les intellectuels.

Fin des emplois aidés : ce que le gouvernement demande aux préfets


La Gironde, département pilote pour l’expérimentation du revenu de base

Source : Novethic

La Gironde est en train de se positionner sur le revenu de base et souhaite lancer une expérimentation locale dès 2018. Après un travail de consultation mené en début d’année, l’hypothèse retenue serait de verser un revenu de 1 000 euros à tous les adultes et 300 euros à chaque enfant. Mais pour passer de l’utopie à la réalité, il faut qu’une loi soit votée au niveau national.

@MvandenDobbelsteen
Au cours d’une séance plénière extraordinaire du conseil départemental, la Gironde a approuvé une motion appelant le gouvernement à autoriser une expérimentation sur le revenu de base dans le département. Et son président, le socialiste Jean-Luc Gleyze, vient d’écrire à Emmanuel Macron pour l’inciter à proposer une loi allant dans ce sens, sur le modèle de la loi sur les territoires zéro chômeur de longue durée.
"Je veux le faire parce qu'il faut avoir le courage d'examiner sous toutes ses coutures le revenu de base, ce bel objet de réflexion sociale et sociétale, sans dogmatisme, en faisant simplement preuve d'une saine curiosité", expliquait Jean-Luc Gleyze lors de l’adoption de la motion en mars dernier. L’expérimentation pourrait durer deux à trois ans. Elle se concentrerait a minima sur deux populations cibles, les jeunes et les agriculteurs, à défaut de verser un revenu de base à tous les citoyens.
Un revenu universel de 1 000 euros par mois
Cette démarche est inédite en France. Elle fait suite à un travail mené depuis près d’un an par le département. Tout a commencé par un partenariat scellé, fin septembre, avec la fondation Jean Jaurès, associée avec le Centre pour la recherche économique et ses applications et l’Institut des politiques publiques. Les experts ont planché sur quatre scénarios : fusion du RSA et des aides au logement, fusion de 10 minimas sociaux, revenu de base de 750 € par mois et revenu de base de 1 000 € par mois.
S’en est suivie une large consultation de trois mois. Elle a rassemblé 120 personnes : acteurs de l’économie sociale et solidaire, services du département, entrepreneurs, associations de solidarité, travailleurs sociaux, associations de défense des droits des chômeurs et de jeunes en service civique. Au terme de 17 séances de travail, un jury citoyen a été chargé de rédiger un avis global sur l’opportunité et les conditions d’instauration d’un revenu de base.
Redéfinir les usages de son temps
Dans ce texte, les citoyens se prononcent en faveur d’un revenu de base à hauteur de 1 000 euros, soit l’équivalent du seuil de pauvreté, tout en conservant les aides existantes. Il serait, par exemple, réparti en 800 € versés nationalement et 200 € versés en monnaie locale à la charge du département. Ce revenu de base serait accessible à tout adulte déclarant ses revenus sur le territoire concerné et y vivant depuis 2 ans. Un montant de 300 € pour chaque enfant est également envisagé.
Ces citoyens partagent ainsi de nombreux espoirs autour du revenu de base : "qu’il n’y ait plus d’étiquette d’assistés, "que le revenu universel contribue à une société apaisée avec moins de concurrence entre les gens" afin que chacun puisse être libre "de redéfinir les usages de son temps, faire du bénévolat, nouer du lien social, du temps pour s’impliquer dans sa vie privée comme dans la vie publique, du temps pour innover et développer l’entrepreneuriat, du temps pour élever ses enfants décemment, du temps pour cultiver nos jardins…"
Les citoyens consultés ne manquent pas d’idée pour financer ce revenu universel : taxe sur le patrimoine, impôt sur le revenu dès le premier euro, taxe Tobin, taxe carbone, taxe sur l’évasion fiscale, taxe sur les logements vides… L'avis final évoque une crainte : celle que la société ne prenne pas conscience de la précarisation croissante d’un grand nombre de concitoyens.
"De l’argent utilisé à glander ? Et alors !"
Dans la foulée de la présentation de cet avis, le conseil départemental de la Gironde a mis en ligne un simulateur jusqu’à fin mars. Il explique, de façon ludique, comment le revenu de base peut être financé. Les utilisateurs pouvaient choisir le montant du revenu de base (500 euros, 750 euros ou 1 000 euros), qui va en bénéficier (mineurs, adultes, retraités), fusionner les aides sociales déjà existantes ou encore faire varier les impôts et les taxes afin de parvenir à l’équilibre financier. Une fois la simulation effectuée, elle pouvait être validée et figurer parmi les contributions à l’étude du département. Au total, 28 000 personnes ont testé ce simulateur et 2 900 contributions ont été déposées. Un simulateur plus détaillé est en cours de réalisation.
"Le revenu de base n’est pas une question de moyens mais plutôt de mentalités", témoigne Denise Greslard-Nedelec, vice-présidente du Conseil départemental de Gironde en charge des questions de lutte contre la pauvreté depuis plusieurs années. Elle raconte ainsi un échange avec une jeune femme qui s’inquiétait que l’argent versé soit utilisé à "glander ou à acheter des chaussures". "Et alors", lui a répondu l’élue. L’important est que chacun soit acteur de ses propres choix."
"Nous sommes à un moment de basculement d’une ampleur aussi importante que ce qui s’est passé au sortir de la guerre avec la création de la Sécurité sociale, poursuit Denise Greslard-Nedelec. Nous avons suffisamment de matière intellectuelle autour du revenu de base, il faut maintenant passer à la pratique. C’est notre responsabilité de politique d’agir si on ne veut pas se retrouver avec un monde coupé en deux, avec d’un côté ceux qui sont en dedans et de l’autre ceux qui sont en dehors et qui vont finir par se révolter. C’est un enjeu de démocratie."

Informations concernant les arrestations des paysans de l’UACDDDD/NO-VOX/CMAT à San au Mali


Suite à une mission de la CMAT pour rencontrer les autorités judiciaires et les communautés villageoises, sur les raisons de l’arrestation et des multiples plaintes contre les paysans ;
Il a été constaté :
1-    Les Plaintes sont faites sciemment pour empêcher les paysans de cultiver leurs terres en cette période d’hivernage.
Pour aller répondre à ces plaintes les paysans ont 30 à 40 km à faire et ils sont retenus  pendant 72 heures avec des vas et viens devant les juges.
2-    Concernant les paysans arrêtés :
Les délégués de la mission ont rencontré les autorités judiciaires en occurrence le substitut du procureur.
Plusieurs questions sont restées sans réponses, donc le droit n’a pas été respecté.
Plus grave la mission a constaté que le procureur a fait fis des lois. Le jugement n°318 du 25 Août 2016 est  tranché par le Tribunal Administratif de Bamako qui a annulé l’arrêté n°96/P-CSA du 23 Juillet 2014 du préfet de San portant attribution des terres des paysans, hors en matière de justice administrative, l’appel n’est pas suspensif. Seule la révision faite sur une décision rendue par la section administrative de la Cours Suprême est suspensive.
Aujourd’hui nous n’en sommes pas à ce niveau. Le procureur par refus de respecter la loi s’accroche à un seul faux argument, qui est l’interjection (l’appel) sur la décision d’annulation du tribunal administratif. Cela est une erreur qu’un procureur est sensé ne jamais commettre, mais c’est la justice malienne !!!
« Le mardi 25 Juillet 2017 les paysans ont été convoqués au tribunal de San suite à une demande de liberté. Une fois que les paysans aient été relâchés par le président du tribunal, le procureur fit appel pour les maintenir toujours en prison.
C’est suite à une négociation engagée, que trois (3) des paysans arrêtés ont retrouvé leur liberté, deux (2) restent toujours en prison. L’affaire est à suivre.

Malik SIDIBE PROCUREUR de SAN  : 00223 76 53 95 67
                    
INFORMATION SUR L’ARRESTATION DES CINQ (5) MILITANTS DE L’UACDDDD DE SENOU
Depuis l’arrestation des 5 militants de Senou des avocats ont fait leur lettre de constitution et UACDDDD a envoyé des lettres auprès des ministres le juge ( Dramane Ouattara de la commune VI du district de Bamako) pour bloque toute voix et moyen de UACDDDD de libérer les militants, c’est   donné un congé d’une semaine, chose qui bloque  toute procédure de libération des militants, nous restons toujours à l’attente. Son retour est annoncé pour le Lundi 7 aout 2017.
Les spéculateurs se tapent la main, croyant faire un forcing pour opérer sur le terrain nos militants mobilisé veille sur  leurs terres 

Merci votre soutien et solidarité

Massa KONE
S.G   UACDDDD-MALI
Porte Parole du NO-VOX Afrique
Porte Ple de la convergence malienne contre les accaparements des terres (CMAT)
 CP de la convergence  Terre et l'Eau Ouest Afrique
Porte Ple de la caravane Ouest Afrique
Tel: (00223) 76 49 03 15
Skype: kone.massa2
www.uacdddd.org /www.no-vox.org


Le 28 juillet 2017 à 18:37, Kone Massa <kmassa26@gmail.com> a écrit :
                            COMMUNIQUE
Hier 27/07/2017 cinq (5) militants des Associations Siyôroko et Sini de Senou en C.VI du District de Bamako, membres de l’UACDDDD ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction OUATTARA Dramane du tribunal de grandes instances de la CVI du district de Bamako.
Les nommés Madou TOGOLA Secrétaire Général de l’Association Siyôroko et Trésorier de l’Association Sini de Senou, Daouda TRAORE Secrétaire aux relations extérieures de Siyôroko, Hamadi TESSOUGUE Secrétaire Général à l’Organisation, de Siyôroko, Assitan DIAKITE Secrétaire à l’Organisation  de Sini, Fanto DIARRA militant de Association Sini, tous membres de l’UACDDDD/ NOVOX-Mali et de la Convergence Malienne contre l’Accaparement des Terres (CMAT).
Pour la résolution du problème foncier de Senou, à la demande de l’UACDDDD, la Mairie de la CVI a procédé à la réhabilitation de la zone spontanée dans les balises de l’aéroport de Senou suivant la délibération n°004/M-CVI-DB de la Mairie,en sa session ordinaire du 22 au 28 Mars 2016.
Les personnes interpellées vivent tous dans leur maison à Senou. Puis qu’ils sont tous responsables des 2 Associations Siyôroko et Sini qui se battent depuis 1995 pour le recasement des déguerpis victimes de la démolition de leurs habitats dans la zone pour des raisons d’aéroport, qu’ils sont arrêtés pour leur rôle de défenseur des droits humains auprès des victimes de la démolition de leurs habitat

Le dessous de cette affaire, est que cette zone d’environ 93 hectares est loin d’être un aéroport ou la servitude d’un aéroport. Cette zone a fait l’objet d’une autre décision d’attribution du Maire du District de Bamako au profit des grands spéculateurs, des hauts fonctionnaires de l’administration, de la justice, de l’armée au détriment des victimes déguerpis en lutte pour leurs droits depuis 1995.
Ce qui est à noter dans cette affaire, est que le Maire du District statutairement n’a aucune compétence de prendre une décision d’attribution sur cette zone. Puis que sa décision fait l’affaire de l’élite nationale en violation flagrante des droits des victimes légitimes de la zone, et que les responsables arrêtés, actifs au sein de l’organisation des victimes gênent leurs intérêts sordides. Il faut donc faire appel à un juge corrompu pour les faire taire.  
Les mêmes scénarios se passent actuellement dans la zone des 7 villages des communes de N’Goa et de Djéguena ou les paysans sont victimes de l’accaparement de 8 000 ha de leur champs agricoles par une décision du préfet de San.
Malgré qu’une décision de justice du Tribunal d’administratif de Bamako n°318 du 25 Août 2016 est annuler l’arrêté n°96/P-CSA du 23Juillet 2014 pour abus de pouvoir, des paysans de ces 7 villages font l’objet d’harcèlement et d’arrestations arbitraires de la part des autorités de San.
De nos jours Alou DIARRA, Amidou DIARRA, Drissa TANGARA, Souleymane TANGARA tous paysans du village de Zemesso dans la commune du Djéguena et Boukadary TRAORE paysan de Dalla dans  la commune de N’Goa sont à la maison d’arrêt de San
-         Des convocations continuent de pleuvoir, aujourd’hui 28/07/2017, 10 convocations ont été données à des paysans de Zemesso et d’autres sont en cours.
Les voleurs trainent les propriétaires en prison, quelle justice ?
-         L’UACDDDD/NOVOX – Mali membre de la CMAT (Convergence Malienne contre l’Accaparement des Terres) et de la Convergence Globale des Luttes Terres et Eaux Ouest Africaine (CGLTE –O.A), lance un appel aux autorités du Mali pour la libération immédiate et sans conditions de ces militants. Elle demande une enquête sur les hautes autorités complices et membres d’une mafia organisée pour la fortune.

Nous lançons un appel à tous nos alliés et personnes engagées pour la cause du droit et de la justice, à tout politique épris des valeurs de droits humains, pour rendre justice à ces victimes et une lumière autours de ces affaires.

Massa KONE
S.G   UACDDDD-MALI
Porte Parole du NO-VOX Afrique
Porte Ple de la convergence malienne contre les accaparements des terres (CMAT)
 CP de la convergence  Terre et l'Eau Ouest Afrique
Porte Ple de la caravane Ouest Afrique
Tel: (00223) 76 49 03 15
Skype: kone.massa2
www.uacdddd.org /www.no-vox.org

jeudi 27 juillet 2017

Chantier collectif ce samedi 29 juillet ...à La Chapelle à Toulouse



Grand chantier collectif organisé à la Chapelle !
Au menu :
  • monter un échafaudage géant pour approcher les étoiles !
  • assembler une cabane en bois qui ne vient pas du géant suédois mais de l’ancien squat du Houla-Oups’ !!
  • élaguer quelques branches du figuier qui menacent d’atterrir chez le voisin ...
  • aider à l’édification de la KIOSK Tower, la librairie-bibliothèque autogérée !
mais aussi :
  • nettoyer les gouttières des appentis et de la petite maison
  • ranger les chaises et les tables et les nettoyer / réparer...
Quelque soit vos compétences, venez nous aider ! nous encourager ! ... prendre en photo le chantier !

Écrivez à contact@atelierideal.lautre.net pour nous dire à quelle heure vous pensez amener le fondant au chocolat du goûter !

Rendez-vous samedi 29 juillet | 10h30 @ La Chapelle




... et la collecte de dons se termine lundi 31 juillet !
Notre 1ère collecte de dons destinée à financer les travaux se termine ce lundi 31 juillet !
Déjà plus de 240 donateurs·trices pour presque 25 000 € ! Et même quasiment 30 000 € du fait de promesses de dons...
Largement de quoi démarrer les travaux, mais nous aurons également des frais liés à la signature du bail emphytéotique et de la promesse de vente... alors aidez-nous à gonfler notre collecte !

Si vous n'avez pas encore donné et que vous avez l'intention de le faire, il vous reste 5 jours !
Faire un don

Très bon été !

LA CHAPELLE


Lieu d'expérimentation sociale, politique, et culturelle depuis 1993 !
36 rue Danielle Casanova, 31000 Toulouse
Métro Canal du Midi

www.atelierideal.lautre.net (programme complet)
www.lachapelletoulouse.fr (appel aux dons détaillé)
www.facebook.com/atelier.ideal

mercredi 26 juillet 2017

Boulots de merde : « On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité »

Source : Bastamag

Publié en novembre 2016
Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’injonction faite à tous les travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste. A la souffrance de ces boulots dégradés, s’ajoute la précarité grandissante de travailleurs qui quittent le salariat pour la « liberté » de l’auto-entrepreunariat. Une violence sociale féroce dans laquelle les journalistes Julien Brygo et Olivier Cyran ont plongé pour écrire leur ouvrage Boulots de merde. Ils y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles. Entretien.
Basta ! : Le titre de votre livre, Boulots de merde, se réfère au texte de l’anthropologue David Graeber sur les « bullshit jobs » [1]. Il y décrit les métiers absurdes qu’induit le capitalisme financier, tels que ceux exercés par les avocats d’affaire, lesquels s’ennuient prodigieusement au travail. Mais pour vous, les bullshit jobs ne concernent pas que les cols blancs, loin s’en faut. Pourquoi ?
Julien Brygo et Olivier Cyran [2] : Nous avons été séduits par cette idée de David Graeber selon laquelle, dans le capitalisme financier, des millions d’individus sont employés à ne rien faire d’utile, comme effectivement les avocats d’affaire : ils sont bien payés et très reconnus socialement, mais ils s’ennuient tellement au travail qu’ils passent leur temps à télécharger des séries ou à réactualiser leur page Facebook. Ceci dit, il nous semble que les « vrais » boulots de merde, ce sont quand même plutôt ceux qui sont exercés en bas de l’échelle sociale dans les secteurs du nettoyage, de la restauration, de la livraison à domicile, de la distribution de prospectus publicitaires, etc. Bref : des métiers pénibles où l’on paie de sa personne, qui participent à la croissance du PIB et à la baisse des chiffres du chômage.
Nous pouvons y ajouter les boulots « utiles » comme les infirmières, les professeurs ou les facteurs, dont les conditions se sont tellement dégradées qu’ils deviennent vraiment « merdiques » eux aussi. Nous avons voulu incarner ces vies et tracer un lien avec les gestionnaires de patrimoine et autres héros financiers tels que les journalistes boursiers, qui exercent des métiers nuisibles socialement : les gestionnaires de patrimoine font partie des organisateurs de ce qui est appelé béatement « l’optimisation fiscale » et qui prive la collectivité des recettes de l’impôt.
« À la faveur de l’entassement des richesses dans les mains d’une élite de plus en plus dodue et capricieuse, le secteur des tâches domestiques où l’on s’abaisse devant son maître se répand », dites-vous. Pouvez-vous détailler ?
Entre 1995 et 2010, dans le monde, le nombre de travailleuses domestiques a grimpé de plus de 60 %. 52 millions de femmes exercent ces « métiers ». Cette hausse correspond à la montée des inégalités. On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité dans laquelle les plus riches sous-traitent leur confort en employant une nounou, ou bien une, deux ou trois bonnes. Le tout avec le soutien de l’État puisque, par exemple, la gauche plurielle de Lionel Jospin a instauré en France le subventionnement de tous ces métiers via les crédits d’impôts.
Des métiers que l’on croyait disparus, parce que réservés à une époque de semi-esclavagisme, refont leur apparition, comme les cireurs de chaussures, parfois avec l’étiquette « économie sociale et solidaire ». Suite à un appel à projets lancé en 2012 dans le département des Hauts-de-Seine, sous l’égide de Jean Sarkozy, le réseau « les Cireurs » a ainsi obtenu 50 000 euros de subvention au titre de « l’aide à l’économie sociale et solidaire ». Fondé par une diplômée d’école de commerce, ce réseau réunit des individus qui, en contrepartie du droit d’usage de l’enseigne (censée appâter le chaland), acceptent d’être auto-entrepreneurs. Pas d’indemnités en cas d’arrêt maladie, aucun droit aux allocations chômage.
Au lieu d’un salaire, le cireur touche un cachet horaire sur lequel il doit payer lui même une taxe de 23 %. De son côté, la structure démarche des centres commerciaux pour leur vendre l’implantation de ses « artisans cireurs ». Les cireurs paient de leur poche le matériel et l’habillement. S’ils n’ont pas les moyens d’investir, ils peuvent obtenir un prêt accordé par l’association pour le droit à l’initiative économique à un taux d’intérêt compris entre 6 et 8 % ! Au final, la rémunération du cireur est maigre, sa précarité totale. Mais on nous vend un métier « renouvelé », avec des gens qui travaillent « pour eux », sous prétexte qu’ils ne sont pas salariés.
« Je ne gagne pas un Smic, ça c’est clair », dit un cireur de chaussures que vous citez. Mais les auto-entrepreneurs ne sont pas les seuls à travailler à bas coût. Vous expliquez que des millions de salariés travaillent bien en-deçà du Smic.
On entend partout que le Smic c’est « l’ennemi de l’emploi ». Mais le Smic n’existe plus depuis longtemps. Il existe de nombreuses manières de passer outre le salaire minimum. Par exemple, le CDI à temps partiel, avec la pré-quantification du temps de travail. C’est ce qui a été négocié par les géants de la distribution de prospectus publicitaires, Adrexo et Médiapost. Les salariés que nous avons rencontrés travaillent 30% de plus en moyenne que ce qui est indiqué sur leur contrat, et que ce qui leur est payé. Un couple de retraités touchait à peine trois euros de l’heure, soit deux fois et demi moins que le Smic ! La convention collective de la restauration est un autre moyen de faire travailler les gens gratuitement : les heures supplémentaires ne sont pas payées. Résultat ? Les salariés sont payés 24 heures, et en font 60. Le reste étant – parfois – payé au black. Dans les secteurs où la France est championne – le tourisme, la grande distribution, l’hôtellerie-restauration… –, il y a au moins deux millions d’emplois payés entre 25 et 80 % du Smic !
Il y a en fait une vraie fascination du patronat pour le travail gratuit, et les dirigeants politiques s’empressent de leur donner des outils juridiques qui légalisent cette gratuité : prenons le service civique payé deux fois moins qu’un Smic – et même seulement 1/10ème du Smic pour l’employeur – ; ou encore le contrat de professionnalisation auquel recourt beaucoup la grande distribution : pour 150 heures de formation théorique – qui consiste en fait à remplir des rayons ou à faire du nettoyage – l’entreprise touche 2 250 euros par contrat. Le dispositif coûte des millions d’euros aux contribuables chaque année.
Y a-t-il là une spécificité française ?
La grande distribution, c’est une spécialité française. Et le secteur est friand de boulots dégradés. Le projet Europacity (immense centre commercial à proximité de Paris, ndlr), du groupe Mulliez et de sa filiale Immochan, c’est la promesse de 10 000 boulots de merde. Autre secteur passionné par cette économie du « larbinat » : le tourisme. Dans les Alpes, des vallées entières sont de véritables réservoirs à larbinat : tout le monde travaille pour les quelques privilégiés qui peuvent se payer des sports d’hiver. Il y a des contrats prévus pour les CDI à temps partiels, les intermittents, les apprentis, les stagiaires, etc. Précisons que la France est aussi championne du monde des anti-dépresseurs et des médicaments, notamment pour supporter tous ces travaux infernaux.
Le secteur privé n’est pas le seul à malmener les travailleurs. Les fonctionnaires sont eux aussi essorés par les « restructurations » de services et les suppressions de postes en pagaille. Que vous-ont raconté les fonctionnaires que vous avez rencontrés ?
L’obsession pour la réduction des effectifs est un drame. Tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il est important de réduire le chômage. C’est constamment dans la bouche des responsables politiques. Mais la phrase d’après, c’est : « Je m’engage à virer 500 000 fonctionnaires ». Parce qu’ils n’arrivent pas à se figurer que des métiers qui ne dégagent pas de marge financière puissent néanmoins être utiles. Tout doit être « rentable ». Nous payons des années de convergence idéologique entre les élites politiques et les détenteurs du capital. Les gens chargés de « réorganiser » drastiquement le CHU de Toulouse, où nous avons fait un reportage, sortent d’écoles de commerce. Ils ont officié chez Carrefour, Pimkie et Danone. Ils se retrouvent à gérer sur ordinateur de l’humain, alors qu’ils ne connaissent que les chiffres.

Les aides soignantes et les infirmières sont censées remplir des chiffres bêtement sans se poser de questions. Elles doivent soigner tant de malades en une journée, peu importent les spécificités des personnes malades ou les imprévus. Elles ont tant à faire en si peu de temps que leur travail est devenu impossible (Ndlr : lire notre article sur le sujet : Sauver des vies en temps de crise : le difficile quotidien des infirmiers). En fin de journée, elles sont épuisées et complètement stressées parce qu’elles ne savent plus si elles ont posé correctement telle perfusion, donné tel médicament à la bonne personne au bon moment...
Tous les services publics sont touchés par cette recherche de rentabilité. Les facteurs se sont ainsi transformés en vendeurs de systèmes de télésurveillance, ou en promeneurs de chiens. L’objectif est de soutirer de l’argent à cette importante manne financière que sont les vieux en France. Cela porte évidemment atteinte à la dignité des facteurs, qui ont toujours aidé les plus anciens au cours de leurs tournées, mais gratuitement ! Les policiers de leur côté sont devenus des machines à gazer des manifestants ou des réfugiés. Certains en ressentent un certain malaise. Être obligé de reconduire tant de migrants à la frontière chaque année, cela n’est pas sans conséquences mentales sur les personnes.
Vous expliquez que tous ces « remaniements » de services publics sont inspirés du « lean management », une méthode élaborée dans les années 1950 au Japon par les ingénieurs de Toyota, et revue par le très libéral Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis au début des années 1990. Comment cela se traduit-il dans le monde du travail ?
Le « lean management » est devenu la marotte des directions de ressources humaines, et s’immisce et se propage dans tous les secteurs du monde du travail : dans les multinationales ou les services publics, chez les gros industriels et les sous-traitants. Il consiste à imposer aux salariés de faire plus avec moins, en s’attaquant notamment à tous les temps morts : les pauses jugées superflues, les respirations qualifiées d’improductives, toutes les minutes qui ne sont pas « rentables ». Dans nos reportages, tout montre que les travailleurs n’arrivent pas à faire face à cette intensification du travail. Ce qu’on leur impose en terme de rythme et d’objectifs n’a plus de sens. Nous nous dirigeons vers un état de souffrance au travail généralisée. Il y a des vagues de suicides partout. Et on parle là des secteurs de la santé ou de l’éducation : ce sont des secteurs fondamentaux de notre vie sociale.
Tout cela ne se fait-il pas avec le prétendu assentiment des salariés, que l’on somme de participer au changement organisationnel ?
Si. C’est toute la perfidie du « lean management ». On donne aux salariés l’illusion qu’ils peuvent changer le système ; en fait on les oblige à accepter de se faire humilier. C’est le principe de la bonne idée rémunérée chez PSA : 300 euros pour l’idée simple, 500 euros pour la super idée, 1 000 euros pour l’excellente idée. On fait croire aux salariés qu’ils sont d’accord et qu’ils valident le système. Alors que c’est faux, bien entendu. Neuf salariés sur dix pensent qu’ils ont besoin de plus de collègues, et de plus de temps pour pouvoir bien faire les choses. Un infirmer de Toulouse nous a expliqué qu’il a besoin de moins de produits anesthésiants lorsqu’il prend le temps de parler avec ses patients avant de les endormir. Mais ce n’est pas du tout intégré par la nouvelle organisation. Il doit faire vite, endormir tant de patients en une journée, peu importe si pour cela il doit consommer plus de produits. Toute cette organisation du travail a des effets criminels : il y a eu quatre suicides cet été à l’hôpital de Toulouse.
En France, la « loi travail », qui a fait l’objet d’une intense mobilisation durant l’année 2016, a-t-elle pour conséquence d’entériner ces méthodes ?
Avec cette loi, qui vise à faire passer le code du travail au second plan, on s’éloigne encore davantage du principe « une heure travaillée = une heure payée ». Elle est taillée sur mesure pour les entreprises qui veulent en finir avec le salariat. L’article 27 bis précise par exemple qu’il n’y a pas de lien de subordination entre les plate-formes de mise en relation par voie électronique comme Uber et les auto-entrepreneurs qui travaillent pour elles. C’est ce lien qui définit le salariat et permet entre autres aux travailleurs d’aller aux Prud’hommes faire valoir leurs droits. On désarme complètement les travailleurs, alors qu’ils subissent un vrai lien de subordination – ce sont les plate-formes qui leur donnent du travail, évaluent les travailleurs et les sanctionnent – sans les compensations garanties par le statut salarié.
Un livreur à vélo pour une « appli » de repas à domicile le souligne dans notre livre : « Pour arriver à un salaire intéressant, il faut travailler une soixantaine d’heures par semaine. Sur ce revenu, il faut payer environ 23% d’impôts au titre de l’auto-entrepreneuriat. L’arnaque totale. T’es taxé alors que eux, tes patrons, ils ne paient aucune cotisation sociale. » Les livreurs sont incités à aller très vite, quitte à frôler les accidents, étant donné qu’ils sont payés à la course. Et celui qui tombe de son vélo, il se fait non pas virer, mais « éliminer ». Il « quitte le jeu », en quelque sorte. Il ne touche plus aucun salaire, ni aucune indemnité. C’est un système d’une violence incroyable, qui se fait passer pour cool, jeune et dynamique. Les livreurs n’ont pas le droit au scooter, ils ne doivent rouler qu’à vélo – qu’ils doivent se procurer eux-mêmes – parce que cela donne une image écolo à l’entreprise...
Vous reprochez aux médias leur complicité avec ces conceptions très libérales du travail...
Les médias jouent un rôle central dans la diffusion de cette idée sous-jacente que la précarisation est nécessaire. Il faut travailler pour avoir une existence sociale quels que soient l’emploi et les conditions de travail. Le fait de donner chaque mois les chiffres du chômage nous plonge dans une vision statisticienne du monde, avec cet objectif de faire baisser le chômage quoi qu’il en coûte. Les journalistes relaient avec beaucoup de zèle cette idée selon laquelle « mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout ». Cela devient légitime d’accepter un boulot de merde simplement parce qu’il est proposé. Évidemment, pour rien au monde les journalistes ne feraient ces boulots de merde. Nous avons là une vision de classe.
Les médias jouent aussi beaucoup avec la culpabilisation du chômage, en répétant sans cesse à quel point c’est honteux de ne pas travailler, et en enchaînant les « Une » sur les avantages de l’auto-entreprenariat. Nous sommes étonnés de constater, même autour de nous, à quel point les gens ont honte de dire qu’ils touchent des prestations sociales. Alors que cet argent, les gens l’ont cotisé, via leurs boulots antérieurs. Ce sont des garde-fous qui ont été mis en place pour éviter que des gens ne tombent dans la misère totale.
Les médias sont par ailleurs très sévères quand ils décrivent les luttes sociales, comparant volontiers les grévistes avec des preneurs d’otages, ou les manifestants avec des casseurs. Entre ces jugements très négatifs et la répression qui va grandissante, les luttes collectives peuvent-elles se faire une place, et redonner du sens au travail ?
Il nous semble que le patronat va tout faire pour imposer l’idée selon laquelle il faut qu’on accepte cette société de mini-jobs, sans salaire minimum, avec des contrats « modernes », c’est-à-dire au rabais, davantage proche de l’auto-entrepreunariat que du salariat avec ses « acquis » sociaux qu’ils jugent « insupportables ». Au niveau juridique et législatif, tout est bouché. L’inspection du travail est attaquée de front. Les procédures prud’hommales engendrent parfois plus de cinq ans d’attente – et de paperasse – pour obtenir réparation et se faire rembourser l’argent volé. C’est un combat très inégal.
La criminalisation des mouvement sociaux et la répression des luttes collectives répondent à l’obsession politique clairement formulée qui vise à désarmer la CGT : ils veulent empêcher les travailleurs de reprendre le contrôle de leur travail et d’exercer leur capacité de nuisance sociale afin d’inverser un rapport de force. Cela indique que le patronat et ses relais politiques sont prêts à un affrontement, qu’ils exigent même la violence de cet affrontement.
Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le capitalisme les auront assignés presque naturellement. Et lorsque le logisticien sera remplacé, il pourra toujours louer sa maison, sa guitare, sa voiture, pourquoi pas vendre père et mère, pour ne pas sombrer dans la misère ni « vivre avec la honte » d’être un « assisté ». On va sans doute aller vers une radicalisation des mouvements sociaux. Avec une grande répression derrière. C’est la seule possibilité pour le libéralisme économique de continuer à structurer nos vies : par la force.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

Julien Brygo et Olivier Cyran, Boulots de merde, du cireur au trader. Enquête sur l’utilité et la nuisance sociale des métiers,

 éditions La Découverte, septembre 2016, 240 pages, 18,50 euros.
Pour le commander chez une librairie proche de chez vous, vous pouvez vous rendre sur La librairie.com.

Notes

[1Voir l’article « On the phenomenon of Bullshit Jobs ».
[2Julien Brygo et Olivier Cyran sont journalistes indépendants. Julien Brygo est par ailleurs réalisateur de films photographiques. Olivier Cyran est également traducteur.