vendredi 3 novembre 2017

Dernières nouvelles de Catalunya...


 
 
Réactions à l'emprisonnement du gouvernement catalan, « nous vaincrons l'injustice dans les urnes et dans la rue » 
 
Carme Forcadell décrit la décision de la juge comme « injuste et indécente », alors qu'Ada Colau parle de « jour noir pour la Catalogne » 
 
Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), le Parti Démocrate Européen de CATalogne (PDECAT) et la Candidature d’Unité Populaire (CUP) rejoignent les entités dans leur appel à sortir dans la rue en opposition aux emprisonnements 
 
L'ordre d'incarcération inconditionnelle pour les huit ministres du gouvernement catalan destitué, Oriol Junqueras, Carles Mundó, Meritxell Borràs, Jordi Turull, Raül Romeva, Josep Rull, Joaquim Forn et Dolors Bassa, et l’emprisonnement sous caution de cinquante mille euros pour l’ancien ministre Santi Vila, a déclenché une vague d'indignation des principales autorités catalanes, de certains militants de Podemos et de leurs alliés.
 
La présidente du parlement catalan, Carme Forcadell, qui a également témoigné Jeudi 2 Novembre 2017 devant la cour suprême et qui a été libérée sous surveillance, a qualifié d’indécente la décision de la juge d'emprisonner les membres du gouvernement destitué. « Ils envoient en prison le gouvernement démocratiquement élu. C’est injuste et indécent. Nous sommes avec vous et vos familles », a-t-elle assuré.
 
La maire de Barcelone, Ada Colau, a assuré que le Jeudi 2 Novembre 2017 est un jour noir pour la Catalogne. « Il faut un front commun pour obtenir la liberté des prisonniers politiques », a déclaré la maire.
 
« Nous ne cesserons pas une minute de nous mobiliser avant votre retour à la maison », a déclaré le porte-parole d’ERC, Sergi Sabrià, à propos de l'appel lancé Jeudi 2 Novembre 2017 par les entités devant le parlement et les municipalités, disant que « nous vaincrons l'injustice, sereinement, dans les urnes et dans la rue ».
 
La coordinatrice du PDECAT, Marta Pascal, a évoqué l'impossibilité d'emprisonner les idées du mouvement indépendantiste.
 
En termes similaires, le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, a dit que « j’ai honte que des opposants soient emprisonnés dans mon pays, nous ne voulons pas l'indépendance de la Catalogne, mais aujourd'hui nous demandons la liberté pour les prisonniers politiques ».
 
La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a été l'un des premiers dirigeants internationaux à réagir. « Indépendamment de l'opinion sur la Catalogne, l'emprisonnement des dirigeants est une erreur et doit être condamné par tous les démocrates », a déclaré la première autorité écossaise.
 
La députée de la CUP, Mireia Boya, a décrit l'Espagne comme un état fasciste. «  Si nous l’acceptons, c’est la négation du peuple. Nous réagissons pour les droits humains et pour la république », a-t-elle dit.
 
Pour sa part, le secrétaire général de Podem Catalunya, Albano Dante Fachin, a assuré « qu’avec la même force que j'ai critiqué le gouvernement catalan, j’agirais pour qu'il soit libre ». Albano Dante Fachin a terminé son message en disant « no pasaran ».
 
« Prison pour tous, sensation de grande injustice, un jour très triste pour la démocratie », a déclaré Jaume Alonso-Cuevillas, un avocat de plusieurs des personnes emprisonnées.

 

vendredi 27 octobre 2017

La « bible » de la permaculture en PDF

Source : le 4è singe
Pour vous, petits et grands singes, nous vous proposons deux livres numériques sous format PDF traitant de la sombre et mystique permaculture. Ces livres sont considérés comme étant les « bibles » de la permaculture, pour la simple et bonne raison qu’ils ont été coécrits par Bill Mollison et David Holmgren, les fondateurs de la permaculture.
Sans attendre, nous vous invitons à découvrir – si cela n’est pas déjà fait – ces deux ouvrages qui pourront aider toutes celles et ceux qui souhaitent tenter l’aventure de l’agriculture permanente.
Permaculture 1. Une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes tailles. Bill Molison & David Holmgren [PDF]
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Permaculture 2. Aménagement pratique à la campagne et en ville. Bill Mollison [PDF]
Bill_Mollison_Permaculture
Pour ceux qui se demandent ce qu’est la permaculture, voici une petite description (wikipédia) et un documentaire qui est absolument merveilleux.
La permaculture est une méthode systémique et holistique de conception d’habitats humains et de systèmes agricoles inspirés de l’écologie naturelle (biomimétisme) et de la tradition. Elle n’est pas un mode de pensée mais un mode d’agir qui prend en considération la bio-diversité des écosystèmes. En outre, elle vise à créer une production agricole durable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant…) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible.
Cette méthode a été créée dans les années 1970 par les Australiens Bill Mollison et David Holmgren. Le terme Permaculture signifiait initialement « agriculture permanente » (Permanent Agriculture), mais il a été rapidement étendu pour signifier « culture de la permanence » car il était réalisé que les aspects sociaux font partie intégrante d’un système véritablement durable. Cette dernière signification est encore aujourd’hui sujet à polémique.
La permaculture forme des individus à une éthique ainsi qu’à un ensemble de principes (design permaculturel); L’objectif étant de permettre à ces individus de concevoir leur propre environnement, et ainsi de créer des habitats humains plus autonomes, durables et résilients, et donc une société moins dépendante des systèmes industriels de production et de distribution (identifiés par Mollison comme le fondement de la destruction systématique des écosystèmes).
Elle utilise entre autres des notions d’écologie, de paysagisme, d’agriculture biologique, de biomimétisme, d’éthique, de philosophie et de pédologie. La permaculture invite à mettre ces aspects théoriques en relation avec les observations réalisées sur le terrain de façon harmonieuse.

La permaculture, l’art de vivre avec la nature.


Pourquoi la FNSEA est elle accro au glyphosate ?

Source :  BastaMag

La Commission européenne vient de décider de reporter le vote sur le renouvellement de la licence du glyphosate, une molécule présente dans de nombreux herbicides, et considérée comme cancérogène probable. Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe » provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre business et conflits d’intérêts.
« Il faut arrêter d’emmerder le monde agricole ! » Le 22 septembre dernier, 250 agriculteurs, emmenés par la FNSEA, le principal syndicat agricole, bloquent les Champs-Élysées en étalant de la paille. Ils dénoncent la position du gouvernement français sur le glyphosate – l’herbicide le plus utilisé au monde, ingrédient actif du Roundup, produit phare de la firme Monsanto, et classé cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé. Le gouvernement français envisage alors de ne pas voter la proposition de la Commission européenne d’autoriser à nouveau le glyphosate pour les dix prochaines années [1]. A Bruxelles, la FNSEA fait front commun avec le lobby des pesticides pour montrer qu’une interdiction du glyphosate provoquerait, selon eux, une baisse de la production de céréales. Comment expliquer l’attachement du syndicat agricole majoritaire à ce désherbant jugé cancérogène par plusieurs études indépendantes ?
Pour le comprendre, prenons la direction de Landerneau, en Bretagne. C’est ici que siège Triskalia, la plus grande coopérative agricole de la région. Elle emploie 4800 salariés et fédère 16 000 agriculteurs adhérents, pour 280 sites en Bretagne. Son conseil d’administration est géré par des agriculteurs membres de la FNSEA [2]. En 2016, Triskalia a réalisé un chiffre d’affaires impressionnant, à hauteur de 1,9 milliards d’euros. « Ils vendent des aliments pour le bétail, du lait... mais quand on regarde les bilans annuels, l’activité la plus rentable est la vente de produits phytosanitaires » observe Serge Le Quéau, de l’union régionale Solidaires. La vente de pesticides constitue, avec l’alimentation destinée aux animaux d’élevage, le principal levier de profits de Triskalia, sans commune mesure avec ce que lui rapporte la commercialisation de véritables produits agricoles (lait, céréales, œufs...).

Les pesticides : une machine à cash pour les grosses coopératives agricoles

La stratégie de la coopérative va donc se concentrer sur ce marché des produits chimiques : Triskalia s’appuie sur 120 techniciens spécialisés pour apporter des conseils aux agriculteurs adhérents.... tout en faisant la promotion des produits commercialisés par la coopérative. « Sur le terrain, des techniciens vont de ferme en ferme, vendre des semences de plus en plus productives mais aussi de plus en plus sensibles. Ils fournissent dans la foulée des produits chimiques, au lieu de faire de la prévention, et de proposer des méthodes alternatives », déplore René Louail, ancien conseiller régional Europe Écologie-Les Verts en Bretagne et membre du Collectif de soutien au victimes des pesticides de l’Ouest. Cette pratique est commune à nombre de coopératives gérées par des représentants de la FNSEA. Interdire le glyphosate, c’est se priver de plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires.
Résultat : alors que les gouvernements successifs cherchent, avec le plan Ecophyto, à réduire par deux l’usage des phytosanitaires – l’appellation officielle des pesticides – d’ici 2018, leur épandage ne cesse d’augmenter. Le dernier bilan du plan Ecophyto 2 révèle un échec total, avec une augmentation de l’usage des pesticides de 6 % entre 2011 et 2014 [3]. « Il y a d’un côté l’affichage politique, et de l’autre côté des pratiques commerciales exactement inverses, observe Serge Le Quéau. Les commerciaux employés par les coopératives ont des objectifs de vente qui prévoient une hausse des produits phytosanitaires, et subissent une forte pression managériale. » La rémunération des techniciens au sein des coopératives agricoles reste souvent liée à la quantité de pesticides vendus, même si la pratique « tend à disparaître » [4].
- Lire à ce sujet : Pourquoi tous les gouvernements échouent à réduire la présence des pesticides

« C’est un État dans l’État, ils sont incontournables »

Triskalia n’est pas la seule coopérative à agir à contre-courant d’une réduction de l’usage des phytosanitaires. En 2013, InVivo, le premier groupe coopératif français, renforce ses investissements dans la production de pesticides. Déjà actionnaire de Phytoeurop – un groupe spécialisé dans le développement, la production et la commercialisation de produits phytopharmaceutiques–, InVivo acquiert 50 % de la start-up Life Scientifique, une société irlandaise spécialisée en recherche et développement sur les produits phytosanitaires (notre enquête sur InVivo, coopérative agricole muée en empire industriel). « Si les géants de la chimie se détournent du marché européen, il revient aux coopératives agricoles d’assurer le développement de produits phytosanitaires pour leurs adhérents », justifie le directeur du pôle agriculture d’InVivo, soulignant que le groupe assurera l’innovation nécessaire pour s’adapter au nouveau cadre réglementaire [5].
La France compte à ce jour 2600 entreprises coopératives agricoles [6]. Bien loin des premières coopératives paysannes initiées par des agriculteurs à la fin du 19ème siècle, les coopératives actuelles connaissent une très forte concentration : 10 % d’entre elles réalisent les trois quarts du chiffre d’affaires global, évalué à près de 86 milliards d’euros. Outre InVivo et Triskalia, figurent dans le top 20 le groupe sucrier Tereos, la coopérative laitière Sodiaal, ainsi que les semenciers Limagrain et Maisadour. « Ceux qui siègent dans les conseils d’administration de ces coopératives ont des leviers politiques et financiers très puissants », note Serge Le Quéau. « C’est un État dans l’État, ils sont incontournables. »
Ci-dessus, le chiffre d’affaires des 20 premières coopératives agricoles françaises en 2013.

Un déni de la dangerosité des pesticides ?

Les représentants de la FNSEA n’ont cessé de communiquer ces dernières semaines sur la non-dangerosité du glyphosate, s’appuyant entre autres sur l’avis de l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation [7]. Pourtant, le syndicaliste Serge Le Quéau constate que nombre de paysans adhérents de Triskalia « ont parfaitement conscience que c’est une hécatombe ». « J’ai déjà entendu certains d’entre eux dire qu’il ne faut plus participer aux épandages. D’ailleurs ils sous-traitent l’épandage des pesticides à des entreprises spécialisées qui font faire le sale boulot à des intérimaires... » En parallèle, souligne le syndicaliste, « les représentants de la FNSEA font tout pour que la Mutualité sociale agricole ne reconnaisse pas les maladies qu’ont contractés les salariés. Ce serait ouvrir la boite de Pandore », note Serge Le Quéau.
- Lire à ce sujet : Intoxication aux pesticides : l’interminable combat des ex-salariés d’un géant français de l’agroalimentaire
En juin 2013, la Commission supérieure des maladies professionnelles en agriculture se prononce en faveur de la création d’un tableau de reconnaissance faisant le lien entre exposition aux pesticides et hémopathies (maladies du sang). Seule la FNSEA vote contre ! Expliquant sa position, le syndicat indique que cette opposition ne signifie pas une non-reconnaissance du lien entre pesticides et hémopathies, mais la volonté de ne pas faire porter les indemnisations aux seuls cotisants. L’objectif serait d’impliquer l’État et les fabricants de produits dans ce processus d’indemnisation... [8]
« Ils n’ont pas intérêt à inscrire ces pathologies car il y a de moins en moins de cotisants à la MSA », note Valérie Murat, fille d’un viticulteur mort d’un cancer en 2012, qui a enclenché des procédures judiciaires. Elle déplore pour sa part le « bourrage de crâne » distillé par l’industrie chimique « qui fait croire que les pesticides sont une assurance récolte pour les paysans. J’ai vu mon père s’avouer après quarante ans d’utilisation qu’il s’était fait avoir. Mais le reconnaître auprès de ses proches, de ses collègues, c’est extrêmement difficile. »
- Lire l’entretien avec Fabrice Nicolino : « Face à l’industrie chimique, tout le monde est tétanisé »

Front commun entre le lobby des pesticides et la FNSEA

Alors que les représentants des États membres de l’UE devaient initialement se prononcer le 25 octobre sur le glyphosate, le Copa-Cogeca, le syndicat européen englobant toutes les grandes organisations agricoles et coopératives nationales, dont en France la FNSEA, s’agite depuis quelques semaines. C’est ce qu’a pu constater l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory à l’occasion d’un déjeuner et d’un diner sur la thématique du glyphosate organisés par l’Association européenne pour la protection des plantes (ECPA), qui regroupe tous les fabricants de pesticides, et le Copa-Cogeca [9]. Ces organisations auraient usé de « tactiques alarmistes pour effrayer les agriculteurs et les politiques sur les impacts d’une interdiction des herbicides à base de glyphosate ».
L’ONG s’est notamment procurée le document remis par le lobby de l’industrie des pesticides aux députés, présentant des chiffres spectaculaires sur les pertes de récoltes agricoles en cas d’interdiction des herbicides à base de glyphosate en Europe. Il est notamment mentionné que les récoltes de blé et d’orge françaises chuteraient de 7 à 15 % si le glyphosate était interdit [10]. Des données transmises notamment par l’Union de l’industrie de protection des plantes (UIPP, le regroupement des fabricants de pesticides en France) et... la FNSEA [11].

Les alternatives au glyphosate existent

Si la manifestation sur les Champs Élysées organisée par la FNSEA a été très médiatisée, René Louail, ancien porte-parole de la Confédération paysanne tempère : « Il y avait entre 200 et 250 personnes qui se sont roulées dans la paille à Paris, et il y a 487 000 paysans en France. Il faut relativiser le poids des représentants de ces paysans sur la question des pesticides en agriculture, dont les premières victimes sont les paysans. » Nombreux sont ceux qui expérimentent d’autres pratiques agricoles. René Louail et son fils, qui a repris la ferme, ont réussi à bannir glyphosate et molécules chimiques. Ils pratiquent notamment des couverts végétaux consistant à ne jamais laisser le sol nu : « Entre deux cultures, on sème des moutardes, des phacélies, des plantes qui poussent vite et qui étouffent les nuisibles sur les parcelles, tout en apportant des éléments nutritifs à la culture suivante ».
Dans le cadre du plan Ecophyto, un réseau de fermes (« Déphy ») a été créé avec pour mission de démontrer qu’il est possible de réduire sa consommation de pesticides sans que les fermes ne sombrent. Rotation des cultures, décalage des dates de semis, réduction des labours... Lors de notre enquête en mars 2015, des céréaliers conventionnels confiaient utiliser entre 40 et 60 % de phytosanitaires en moins que leurs voisins, tout en modifiant progressivement leurs façons de travailler. Selon le ministère de l’Agriculture, 2800 exploitations agricoles sont à ce jour engagées volontairement dans une démarche de réduction de l’usage des pesticides [12]. Eux ne se sont probablement pas « roulés dans la paille » avec la FNSEA.
- Lire à ce sujet : Comment sortir des pesticides, en sept leçons
Pourquoi ces méthodes alternatives ne se généralisent-elles pas ? « Elles coûtent plus cher que le recours aux pesticides et cela va moins vite, souligne René Louail. Il est beaucoup plus facile et rapide de pulvériser un produit chimique pour se débarrasser des plantes indésirables que de le faire mécaniquement. « Les gros paysans qui ont racheté les terres de leurs voisins savent qu’ils vont avoir du mal à assumer physiquement autant d’hectares. »
En creux se pose la question de la remise en cause d’un modèle agricole qui tend à remplacer les agriculteurs par des technologies. « La première fonction de l’agriculture c’est de nourrir, mais c’est aussi d’employer, de préserver, de relever le défi de la biodiversité végétale et animale », souligne René Louail. « A un moment où l’on rediscute la politique agricole commune, où chaque contribuable donne 140 euros par an à la politique agricole, il faut une conditionnalité plus forte des aides au niveau social et environnemental. Ce n’est pas possible de laisser une poignée d’acteurs imposer leur politique agricole en France. »
Sophie Chapelle
Photo : Le Roundup de Monsanto qui contient du glyphosate / CC Mike Mozart

Notes

[1Ce vote devait avoir lieu le 25 octobre 2017 mais la Commission européenne a finalement décidé de le reporter.
[2Voir la liste des membres du conseil d’administration de Triskalia ici. Yves-Marie Beaudet, délégué à l’environnement au sein de la FNSEA locale et président de la section spécialisée « aviculture-ponte » de Triskalia, dénonçait par exemple en 2013 « le tapage médiatique orchestré par des associations » à propos des algues vertes.
[3Bilan d’Ecophyto 2 à consulter ici.
[4Compte-rendu de la mission du Sénat sur les pesticides, 2012. Auditions de Jérémy Macklin, directeur général adjoint du groupe coopératif InVivo, membre de l’organisation professionnelle Coop de France, et de Mme Irène de Bretteville, responsable des relations parlementaires de l’organisation professionnelle Coop de France.
[5Voir cet article de Novethic
[6Voir le site de Coop de France
[7En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé classe le glyphosate dans sa liste des substances « cancérogènes probables » (voir son avis). « Improbable », tranche l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) en novembre 2015 (notre article). En février 2016, l’Anses affirme : « au vu du niveau de preuve limité, le glyphosate ne peut être classé cancérogène avéré ou présumé pour l’être humain, mais une classification comme "substance suspectée d’être cancérogène" peut se discuter ». C’est sur cet avis que se fonde un récent communiqué de la FNSEA
[8Voir le communiqué de la FNSEA
[9Voir le compte-rendu de CEO
[11Voir ici (page 9)
[12Source : ministère de l’Agriculture, octobre 20

mercredi 25 octobre 2017

Bure, vendredi 20 octobre : répétition générale d’expulsion ?

Source : Paris Luttes Info

Vendredi 20 octobre à Bure (dans la Meuse) s’est déroulée une attaque sans précédent des gendarmes à l’entrée sud de la forêt habitée du bois Lejuc !

Appel à soutien !
Suite à un problème de communication concernant le « coup de pression » des flics du vendredi 20 octobre à l’entrée sud du Bois Lejuc, nous voulons rétablir quelques faits déterminants et rendre l’intensité de ce moment. Ce vendredi 20 octobre nous avons vécu l’attaque la plus sérieuse de la forêt depuis la 1ère expulsion du 7 juillet 2016. Ceci est donc un cri d’alarme qui a vocation à intensifier durablement la résistance, notamment sur les barricades.
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Ce n’était pas un simple coup de pression
Les GM (gendarmes mobiles) sont arrivés de nuit, juste avant que le soleil se lève, phares éteints, en essayant de se faire discrets. C’est grâce à un projecteur installé sur la vigie qu’on a soudain pu distinguer les très nombreuses bandes réfléchissantes qui entouraient la vigie. Les occupant.e.s n’ont pas eu le temps de compter plus de 4 fourgons. A ce moment là les GM étaient en train d’embarquer les chicanes, à une cinquantaine de mètres de la vigie. La réaction immédiate des occupant.e.s fut d’enflammer la barricade devant la vigie, ensuite de quoi un cinquantaine de GM se sont mis en ligne devant la barricade en feu. Pendant que les hiboux en barricade ripostaient à cette attaque, d’autres sont allés vérifier plus à l’est du bois qu’il n’y avait pas de tentative d’encerclement. C’est là qu’ielles ont constaté que des GM tentaient de s’introduire dans le bois à travers des broussailles. Une autre barricade a donc là aussi été enflammée. Après une bonne demi-heure de résistance, les militaires se sont repliés.

Mineurs étrangers : COMMUNIQUE DU COLLECTIF AUTONOMIE APRÈS UNE SEMAINE D'OCCUPATION

🚨
Comme vous le savez, le collectif AutonoMIE a réquisitionné mi-octobre un hôtel désaffecté comprenant 25 chambres pour y loger une partie des 70 mineurs isolés qui composent le collectif.
Cette ouverture constitue une victoire : celle de la solidarité et de la lutte sur les politiques racistes et capitalistes qui vont en s’aggravant. La préfecture et le Conseil Départemental doivent savoir qu’à Toulouse, la mise à la rue (quand ce n’est pas la mise sous écrou) de centaines de jeunes survivants à l’enfer migratoire, parlant notre langue, colonisés par notre pays et ne demandant qu’à bénéficier d’une infime partie de ce que nous prenons chez eux, ne peut se produire sans une réaction populaire forte et déterminée.
Pour autant, l’émotion ne doit nous faire oublier deux réalités :
- La place d’un mineur isolé n’est pas dans un squat, mais à l’école. Cette solution, bricolée dans l’urgence, est précaire. Le préfet peut décider à tout moment de nous expulser illégalement, avec les risques que cela suppose : garde à vue, centre de rétention, expulsion… De plus, elle ne répond qu’à une infime partie des besoins des jeunes (soin, éducation, juridique…)
- La quasi-totalité des jeunes sortent du collectif AutonoMIE avec une reconnaissance de minorité et un jugement de placement. Le DDAEOMIE, chargé de l’évaluation en Haute Garonne, est donc presque systématiquement démenti par la juge des enfants. Combien de nuitées d’hébergement le département compte-t-il encore économiser sur le dos des jeunes migrants ? Trouver des solutions d’urgence jusqu’à ce que les recours aboutissent ne doit pas nous faire oublier notre objectif : forcer le Conseil Départemental à respecter ses obligations légales, et ce, dès l’arrivée des jeunes sur son territoire.
En attendant, nous sommes installé-es au 75, rue de la Glacière, et nous comptons bien y rester jusqu’à obtenir gain de cause.
Nous invitons toutes les associations et collectifs amis à nous soutenir publiquement. Ce n’est pas de gaîté de cœur que nous nous sommes plié-es à l’exercice médiatique. Nous visibilisons notre initiative de façon à rendre le coût symbolique d’une éventuelle expulsion rédhibitoire ! Merci à celles et ceux qui ont déjà publié des communiqués de soutien.
Merci enfin aux dizaines (centaine ?) de personnes et d’associations nous proposant – et nous offrant ! – de l’aide chaque jour depuis dimanche. Puisse l’addition de tous ces petits gestes aboutir à un idéal commun, un horizon politique, un dépassement : contre les frontières, contre l’exploitation et contre le racisme.
On se quitte sur ces mots d’Antonio Machado :
Caminante no hay camino
> Todo pasa y todo queda,
> pero lo nuestro es pasar,
> pasar haciendo caminos,
> caminos sobre el mar.
Toi qui marches, il n’existe pas de chemin,
> tout passe et tout reste,
> mais le propre de l’homme est de passer,
> passer en faisant des chemins,
> des chemins sur la mer.
 Solidarité avec les mineurs isolés étrangers !!! 
 
 
 

vendredi 13 octobre 2017

"Fragile ma non troppo" à l'usine théâtre de Mazères sur Salat (31)

Bonjour, 
  
L'usine Théâtre accueille la Compagnie "Les Êtr'anges"
et vous invite
le vendredi 20 et le samedi 21 octobre à 20h30
aux représentations de sa dernière création: 
"Fr agile ma non troppo"
 
 
 
 
FR AGILE, MA NON TROPPO est la mise en scène d'une question : comment faire pour nous comprendre ?
Au sein du présent des instantanés surgissent : un télescopage de toutes ces informations sonores visuelles sensorielles qui nous assaillent.
On naît, on meurt et par étape se croisent des événements par lesquels nous tentons de construire un sens, d'unir l'histoire à l'intérieur du cadre. Un rien inconnu, proche et secret d'où sans cesse fuient les certitudes.
FR AGILE, MA NON TROPPO est en quelque sorte une cartographie, chaque instant dépend de celui d'avant, tout cela ne tient qu'à nous, fragment d'humanité et pourtant tout, nous même.
 
mise en scène, Françoise Robe
interprètes, Vincent Berrier, Josette Desjobert, Sabine Facchin, Adrien Louis Morel Perche, Boris Pomier et une voix.
 
 
Entrée Tarif unique: 10€
Merci de bien vouloir réserver en réponse à ce mail ou par téléphone auprès de Françoise Robe au  06 07 10 75 86
Et pour plus d'information sur la compagnie "Les Êtr'anges" c'est ici!
 
Au plaisir de vous accueillir,
 
Bien à vous, 
 
Délia Sartor
 

jeudi 12 octobre 2017

BAZAR AU BAZACLE : Le Printemps des luttes à Toulouse


Mister Freeze : La plus grande exposition de street art de France

Source : Aparté

Plus de 10 000 mètres carrés de graff, des murals de 7m de haut et 50 artistes internationaux, c’est ce que représente la plus grande expo street-art de France, Mister Freeze. Vitrine de l’art urbain, l’exposition se terminera dimanche 8 octobre.




Première étape de l’exposition à l’espace Cobalt – Photographie : Eva Battut, Aparté.com

Quand nous arrivons sur l’ancienne zone industrielle, transformée en paradis du graff, Reso nous accueille. Il est accompagné d’enfants en situation de handicap à qui il fait la visite. « Pour nous, c’est important d’ouvrir le street art à tous, et pas seulement à un public de galerie qui viendrait juste pour acheter » , nous confie-t-il devant les yeux pétillants des enfants, visiblement heureux de leur venue.

« C’est important d’ouvrir le street art à tous, et gratuitement »

Ce toulousain, nom incontournable de la scène graffiti, est un des membres fondateurs de Mister Freeze, créé il y a cinq ans. Son dada, c’est la peinture sur bois découpé. Il affectionne particulièrement les zooms : suites de murals agrandis au fur et à mesure que l’œil se déplace.


Reso pose avec l’une de ses œuvres réalisées pour l’exposition – Photographie : Eva Battut, Aparté.com

Mister Freeze, kézako ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas un pseudo mais bien un symbole. « La première édition s’est déroulée dans un squat artistique de Launaguet, aujourd’hui rebaptisé Le Frigo. Dans ce squat où les artistes toulousains avaient l’habitude de développer leur créativité, il y avait un frigo industriel de stockage géant. L’idée est alors venue de créer une exposition à l’intérieur de ce frigo. C’est devenu notre symbole de fraîcheur, ce qui nous réunit tous maintenant » confie Reso. De là est née l’idée de réunir des artistes internationaux dans un espace plus grand, l’Espace Cobalt, afin de leur donner la liberté de créer dans une optique d’ouverture à un plus grand public.

« Le frigo est devenu notre symbole de fraîcheur qui nous représente et nous réunit aujourd’hui »

Cette année, une immense zone Off a été créé à côté de l’Espace Cobalt et a été recouverte de graff en seulement 10 jours. « La plus grande difficulté était de mêler à ces immenses murals des œuvres plus petites » explique Reso. Amener le monumental à Mister Freeze, c’est son initiative. Photographies, hyper-réalisme, abstraction, cubisme, calligraphie, pochoirs, installations : la variété est de mise cette année. En entrant dans la zone Off, l’immensité de certaines œuvres et la diversité des styles est frappante.

« Une réalisation collective »

« On a choisi des gens qui correspondent à notre état d’esprit. L’objectif est que les gens ressentent ce qu’on a ressenti avec le graffiti. On voulait que le graffiti soit tout public comme il l’est par nature, sur des murs, sur des toiles. Tout cela sans valoriser un artiste unique« , note Reso. Il ajoute : « on est sur quelque chose de collectif. La réalisation est collective, c’est un moment de rencontre qui crée des échanges et une force. On est beaucoup plus réactifs, on a envie de s’entraider quand on crée ensemble ».

« À chaque coin de rue on peut découvrir un graff. Il peut être d’un artiste reconnu comme d’un inconnu. Le lendemain, on repasse, il n’y sera peut-être plus. C’est ça le graffiti, c’est éphémère et anonyme »

Tout au long de l’expo, l’objectif est de ressentir les valeurs de l’univers graff, notamment son aspect éphémère et anonyme. D’après Reso, toutes ces œuvres resteront seulement gravées dans la mémoire des gens par le biais de leur œil ou de leur appareil photo.
Toute la programmation


mercredi 20 septembre 2017

Le 21 septembre, tous et toutes mobiliséEs contre les ordonnances de la loi travail !!!

Les projets d'ordonnances de la loi travail XXL : la « libération » pour les patrons, la soupe à la grimace pour les salarié-es !

Le contenu des 5 projets d'ordonnances a été dévoilé le 31 août dernier… Ces textes devraient être adoptés le 21 septembre prochain en conseil des ministres.

Voici leurs principaux contenus… et leurs conséquences néfastes pour les salarié-es :
- Inversion de la hiérarchie des normes : au service de la flexi-précarité !
- La Négociation collective… dans les mains des employeurs !
- Les moyens de se « débarrasser »des salarié-es sont facilités
- Les recours des salarié-es deviennent peau de chagrin
- La fusion des instances représentatives du personnel : prendre la défense des salarié-es… mais pas trop !

Toutes et tous mobilisé-es, dans nos entreprises, nos services, dans la rue !

Ensemble, manifestons le 21 septembre dans le Lot

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lundi 18 septembre 2017

Portugal : un redressement économique et Social qui prend Bruxelles à contre-pied

Source : TV 5 Monde

Des clients sur le toit du bar-restaurant le Rio Maravilha à Lisbonne le 30 août 2017. Les toits de Lisbonne sont en pleine renaissance, utilisés autant en terrasses de cafés que pour des cours de yoga, la projection de films ou comme piscines. 
Des clients sur le toit du bar-restaurant le Rio Maravilha à Lisbonne le 30 août 2017. Les toits de Lisbonne sont en pleine renaissance, utilisés autant en terrasses de cafés que pour des cours de yoga, la projection de films ou comme piscines. 
(Photo Patricia de Melo Moreira / AFP)

Le Portugal n'a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d'une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s'est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne. Doit-on parler désormais du modèle portugais plutôt que du modèle allemand ou suédois ?


Il y a un an, en juillet 2016, la Commission européenne entamait une procédure pour "déficit excessif" contre le gouvernement de Lisbonne. Le Portugal risquait une amende, selon Bruxelles, puisque il était censé ramener son déficit à 2,5 % de son PIB en 2015 au lieu des 4,4 % annoncés. La procédure a été abandonnée un mois plus tard. Etonnement, la France n'était pas soumise à la même pression, alors qu'elle n'avait pas — elle non plus — tenu ses engagements : 3,4% de déficit au lieu des 3% requis. Depuis, le phénomène s'est radicalement inversé : le Portugal a réduit son déficit à 2,1% en 2016 et devrait le ramener à 1,5% cette année. La France, elle, a abaissé péniblement son déficit à 3,3% en 2016 et table sur 3,2% cette année quand elle s'est engagée à atteindre... 2,8%. L'Espagne est encore à 4,5%.

Mais l'économie portugaise n'a pas réussi à réduire ses déficits par la baisse des dépenses publiques, des réformes structurelles du travail visant à "assouplir" les droits des salariés, ou en abaissant les protections sociales, comme le préconise la Commission européenne. C'est même l'inverse qui a été pratiquée au Portugal depuis un an et demi. Un choix qui explique certainement l'irritation très nettement affichée par Bruxelles au printemps 2016, lors des annonces de Lisbonne.

> Portugal : les audaces de la gauche irritent à Bruxelles​

Mesures socio-économiques

Depuis novembre 2015, c’est un gouvernement socialiste qui est au pouvoir au Portugal, soutenu et poussé par une union des gauches, composée du Parti communiste portugais, des écologistes, et du "Bloco de esquerda", le bloc de gauche (gauche radicale).

>Ni austérité, ni populisme : le Portugal suit sa voie de gauche

Les choix économiques et sociaux de ce gouvernement se sont portés sur une politique clairement anti-austéritaire et antinomique avec celle pratiquée par le gouvernement précédent, de droite, qui avait gelé le salaire minimum et les pensions de retraites, augmenté les impôts, et réduit les aides publiques. Ce qui n'avait pas permis de réduire le déficit budgétaire ni le chômage significativement, mais avait fait exploser la précarité et la pauvreté dans le pays.

Le gouvernement du nouveau premier ministre, António Costa, depuis 2 ans, a donc appliqué des réformes qui avaient été déclarées dans son programme de coalition, en parfaite opposition avec la politique précédemment menée, comme le souligne cet extrait : "La politique d’austérité suivie ces dernières années a eu pour conséquence une augmentation sans précédent du chômage avec des effets sociaux dévastateurs sur les jeunes et les citoyens les moins qualifiés, ainsi que les familles et les milliers de Portugais au chômage. Elle a été aussi associée à une dévalorisation de la dignité du travail et des droits des travailleurs."

Le salaire minimum a été augmenté en 2016 puis de nouveau en 2017, en échange de baisses de cotisations pour les employeurs, de 23% à 22%. Ces deux augmentations du SMIC portugais ont passé le salaire minimum de 505€ à 557 €. Puis des mesures économiques à vocation sociale — mais aussi de relance du pouvoir d'achat — ont été prises : augmentation des retraites et des allocations familiales, renforcements du droit du travail, baisses des impôts pour les salariés les plus modestes, arrêt des privatisations de services et d'infrastructures publics, programme de lutte contre la précarité. Il est aussi prévu de supprimer les coupes dans les revenus des fonctionnaires et de ramener leur temps de travail à 35 heures par semaine. Sur le plan purement économique, la stratégie portugaise n'a pas été non plus en accord avec les demandes de la Commission, et se sont pourtant avérées payantes.

Politique anti-austéritaire de relance par la demande

Le chômage se situait à 14,4% en 2014, après une année noire à plus de 16% en 2013, puis s'était stabilisé en 2015 — mais toujours à un niveau élevé — à 12,2%. En 2016, une nouvelle décrue l'a fait parvenir à 11,1%, et en 2017, le chômage est à 8,8% au deuxième trimestre, ce qui laisse envisager, selon les spécialistes, un taux pour de 9,4% pour l'année entière. Un chômage potentiellement inférieur à celui de la France. Les projections actuelles des instituts tablent sur un chômage portugais à 7% en 2019, le plus bas depuis 2004.
Le virage actuel des politiques économiques du pays n'est pas étranger à cette nette amélioration des créations d'emplois sur deux années consécutives avec pour conséquence la progression de la croissance du PIB, évaluée pour 2017 à 2,5%, contre 1,9% pour la zone euro et seulement 1,5% pour la France. Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a confirmé ces bons résultats en juillet à Lisbonne, indiquant que "la réduction du déficit au Portugal est durable" et que "la croissance sera probablement supérieure à 2,5% en 2017". Malgré tout, l'ancien ministre français de l'économie de François Hollande a tenu à dire au gouvernement portugais que "sur le plan du marché du travail, il faudra veiller à mieux intégrer les chômeurs de longue durée."

Le ministre de l'économie du Portugal, Caldeira Cabral, explique cette reprise économique par plusieur facteurs. Le premier est celui d'un renouveau d'industries orientées à l'export telles que l'automobile, les chaussures ou encore le textile qui avaient quasiment disparu du paysage. Les industriels, installés depuis des années dans les pays de l'Est pour la main d'oeuvre très bon marché, sont en train de revenir vers le Portugal, à la recherche d'une meilleure qualité professionnelle tout en conservant des coûts salariaux avantageux. Les investissements sont effectivement en hausse depuis deux ans, particulièrement dans l'industrie automobile. Caldeira Cabral pense que la hausse des revenus joue aussi, en redonnant confiance aux investisseurs, aux entreprises, avec une demande interne qui augmente et une progression de la consommation vers des produits de meilleure qualité.

Cette politique de relance par la demande, confortée par une politique sociale du mieux-disant est dans le même temps tirée par une revitalisation du tourisme grâce — entre autres — à des projets immobiliers haut de gamme. Plutôt miser sur la qualité, donc que sur les prix bas. Pierre Moscovici, sur ce plan, a tenu à souligner, toujours lors de sa visite de juillet dernier, "Le retour de l’investissement à la fois externe et interne, les bons résultats des exportations ainsi que le boom du tourisme". Mais sur le plan budgétaire, le Commissaire français a étrangement déclaré que "les efforts doivent être poursuivis pour réduire le déficit structurel", alors que le pays est devenu l'un des meilleurs élèves de la classe sur ce sujet, tandis que la France ou l'Espagne ne le sont toujours pas...

Nouveau modèle portugais très discret

Depuis la crise financière de 2008 et celle des dettes souveraines de 2010, la plupart des pays du sud de l'Europe n'ont pas réussi à sortir la tête de l'eau : les déficits budgétaires sont souvent supérieurs aux critères européens, le chômage y est toujours très élevé, les problèmes sociaux causés par la précarité persistent. Les prêts concédés par le FMI, sous l'égide de la BCE et de la Commission européenne pour aider ces pays à retrouver un peu de vigueur et payer leurs dettes ont été tous accompagnés d'obligations de réductions des déficits, par une baisse des dépenses publiques et des demandes précises, comme le gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, la baisse des prestations sociales.

Ces politiques dites d'austérité ont été doublées de réformes structurelles du marché du travail visant à assouplir les droits des salariés pour améliorer la compétitivité des entreprises. Ces réformes du marché du travail sont elles aussi une demande de Bruxelles. La Grèce, l'Italie ou l'Espagne ont effectué ces politiques d'austérité et ces réformes sans succès concret. Tout comme le Portugal jusqu'en 2015. L'Italie, si elle a baissé ses dépenses et a atteint un déficit inférieur à 3% en 2016, n'arrive pas à faire baisser son chômage qui est supérieur à 11%. En Espagne, le chômage est à 18,7% au premier trimestre 2017, et le déficit public ne colle toujours pas aux critères de Bruxelles : 3,6% en 2016. L'échec des politiques de rigueur budgétaire accompagnés des "assouplissements du marché du travail" ne permettent visiblement pas de faire repartir ces économies.

Le Portugal a démontré depuis 2 ans, qu'une politique — inverse aux politiques austéritaires, et donc basée sur une relance par la demande et l'amélioration des protections sociales — pouvait fonctionner. Ce que le FMI avait déjà confirmé en 2016 en annonçant à propos de la Grèce que "l'austérité ne fonctionnait pas". De là à préconiser une politique sociale de relance en Europe, le pas est un peu grand pour l'institution internationale qui a toujours été favorable au désengagement financier social des Etats et à la privatisation de leurs infracstructures et services.

Malgré tout, si l'exemple portugais était mis en avant, il pourrait être une piste intéressante de redressement "par le haut" des Etats de la zone euro encore affectés par la crise. Une sorte d'espoir de changement économique et social permettant une sortie de crise. A moins que le modèle économique allemand, de plus en plus contesté pour ses effets sociaux négatifs, ne cède la place au modèle suédois qui semble attirer des dirigeants politiques, dont Emmanuel Macron ?

>Suivre le modèle allemand ? Chiche ! (Article de février 2012)

Le modèle suédois reste malgré tout difficile "à vendre", bien que sa réussite économique soit réelle : ce pays n'est pas dans la zone euro, possède depuis longtemps l'un des niveaux de vie les plus élevés du monde, et surtout, ses salariés sont syndiqués à 80%.

Il n'est donc pas certain qu'appliquer les méthodes sociales et économiques en cours en Suède soit possible si facilement pour des pays de la zone euro. Le Portugal, par contre, applique lui, des politiques économiques et sociales connues, et ce, au sein de la zone de la monnaie unique, l'euro... Pour l'instant, aux vues de ses résultats et de la vitesse à laquelle ils ont été acquis, il semble que le Portugal ait surtout un seul défaut : il ne suit pas la ligne dictée par la Commission européenne.
  

lundi 21 août 2017

Venezuela : comment NE PAS donner une information

Source : Venezuela infos
Ángeles Diez Rodríguez, Docteure en Sciences Politiques et en Sociologie, professeure de l’Universidad Complutense de Madrid.

Le 30 Juillet s’est produit un évènement politique d’une portée historique considérable: un peuple internationalement assailli à l’extérieur et soumis à la violence paramilitaire à l’intérieur, est descendu dans la rue pour exprimer son double rejet de l’ingérence internationale et des aspirations des élites locales à reprendre le pouvoir. 

Il y a moins de vingt ans, au siècle dernier, un évènement d’une telle ampleur aurait figuré en première page de toute la presse d’information du monde. Les médias de masse, publics et privés, l’auraient relevé dans leurs gros titres, sans doute manipulateurs, mais ceux-ci auraient parlé du défi du peuple vénézuélien face aux menaces de l’impérialisme. Ils auraient montré des images, peu nombreuses, mais sans doute quelqu’une ou quelqu’autre de ces immenses files de vénézuéliens devant les bureaux de vote, comme ceux du Poliedro de Caracas, ou de ces gens marchant à travers les collines et traversant les rivières dans la région de Táchira ou de Mérida, où les bureaux de vote étant occupés par des guarimberos (casseurs) armés, il fallait se déplacer à la recherche de centres de secours où pouvoir voter, souvent sans y parvenir.

Les légendes des photos auraient sûrement détourné les images et proposé une lecture en accord avec le désespoir de l’opposition putchiste incapable d’accepter une défaite. Mais il y aurait eu une image, un commentaire, une toute petite information qui aurait parlé de la volonté majoritaire du peuple vénézuélien contre tout pronostic et tout calcul rationnel.

Tout journaliste digne de ce nom aurait voulu consigner, analyser, vérifier et même manipuler cet évènement. Plus encore en des temps où les réseaux sociaux font circuler une infinité d’images qui comblent les vides des nouvelles qui en sont dépourvues. Là où les médias de masse cachent une image, les  réseaux en mettent des centaines. Cependant, le 31 Juillet, l’information sur les élections vénézuéliennes pour l’Assemblée Constituante est passée sous silence dans les médias espagnols. C’est une autre information qui fut donnée à sa place.
 
La non nouvelle qui a supplanté l’évènement vénézuélien, bâtie sur le modèle déjà existant (violence et chaos) était : nouvelle journée de violence au Venezuela. Tous les gros titres visaient, avec plus ou moins de qualificatifs, à façonner une image qui corresponde à la propagande distillée au cours des mois antérieurs. Puis ont éclos les spores disséminées par la non nouvelle, qui avaient déjà été diffusées par les agences impérialistes: auto-coup d’état, fraude, moins de votes que n’en déclare le gouvernement, opposants nouvellement arrêtés, isolement international…

L’évènement d’une journée électorale qui a mobilisé des millions de vénézuéliens qui sont allés voter pour leurs candidats à la Constituante, fut trop incontestable pour être passé sous silence; les flots du peuple vénézuélien trouvaient une infinité de fenêtres numériques par où s’écouler. De sorte que le système de propagande de guerre des médias de masse espagnols, si bien entretenu et huilé par les agences de presse étasuniennes, activa l’un de ses ressorts les plus subtils. Il n’affronta pas la nouvelle en la taisant, bien qu’il le fît également, il ne manipula pas des images comme il l’a réellement fait avec le frauduleux référendum de l’opposition du 16 Juillet (le journal El País dût rectifier une image du test électoral pour l’assemblée Constituante, sous laquelle figurait une légende affirmant que c’étaient des queues pour voter au référendum organisé par l’opposition). Dans ce cas, la technique de propagande médiatique majoritairement employée fit remplacer l’information qui faisait l’évènement par d’autres qui attireraient l’attention des audiences. 

Les gros titres parlèrent de violence, dictature et condamnation internationale: “Lors d’une journée marquée par la tension, les manifestations, la réprobation internationale et la violence, les vénézuéliens ont voté pour choisir les membres de l’Assemblée Nationale Constituante » (CNN en espagnol); “Maduro concrétise un coup d’état contre lui-même au Venezuela au cours d’une journée électorale des plus violentes” (El País); “Condamnation internationale de l’usage disproportionné de la force au Venezuela. 10 personnes au moins sont mortes dans les manifestations pendant les élections à l’assemblée constituante que soutient Nicolás Maduro. (Télévision Espagnole). 

Pas une seule image des quelques 14500 bureaux de vote où plus de 8 millions de vénézuéliens attendaient leur tour pour voter. Après les élections présidentielles de 2012 qui élirent Hugo Chávez, ce furent les élections qui mobilisèrent la plus large participation de masse. Toutefois, lorsque l’on consulte les archives photographiques du journal El País, on se trouve devant un étrange phénomène : sur 30 images sélectionnées par le quotidien, 7 sont celles d’explosions, de barricades et d’actes de violence, 2 montrent les opposants, 2 autres le président Maduro et le reste montre des vénézuéliens isolés en train de voter, l’urne en premier plan, des petits groupes regardant les listes ou assis, attendant pour voter; il n’y a qu’une photo où l’on voit très loin des voitures et des personnes avec une légende qui parle de « files d’attente » pour voter. Le même manque d’images significatives fut constaté sur la Télévision Espagnole. C’est dire que, dans les médias espagnols de grande audience, les images, quand elles faisaient allusion à l’acte de voter, lançaient un message contraire à la réalité qui circulait sur les réseaux sociaux, elles disaient : peu de vénézuéliens sont allés voter. C’étaient des images soigneusement sélectionnées pour appuyer la version de l’opposition et ne pas donner l’information de l’appui massif à la Constituante donné par le peuple vénézuélien.

Dans ces temps des réseaux sociaux, où les hommes politiques ne font pas de déclaration, ils twittent, où la volatilité de l’information numérique prévaut sur le papier et où les télévisions copient les réseaux sociaux, les façons de mentir et de déformer sont de plus en plus complexes. Plutôt que de cacher une information, il est plus efficace d’en donner une autre différente, qui occupe la place de la réelle. Nous appellerons cela la «  non information ». 

Il semble, d’après les recherches du CIS (Centre d’investigations sociologiques) que ceci soit habituel dans les médias espagnols. Comme antécédents nous avons cette étude de Juin 2016 qui signalait que la Télévision Espagnole, alors que le chômage était toujours la première préoccupation des espagnols, lui avait consacré la moitié du temps qu’elle avait employé à parler de la crise politique au Venezuela (les journaux télévisés de ce mois-là consacrèrent 71 minutes à la situation du Venezuela face aux 31 qu’ils dédièrent au chômage dans notre pays) ou ce 7 avril de cette année, alors que tous les bulletins d’information du monde ouvraient sur le désarmement de l’ETA, la Télévision Espagnole parlait du Venezuela plutôt que du désarmement de l’ETA.

Cette technique de propagande de guerre qu’emploient les journaux d’information espagnols fait partie d’autres techniques mieux répertoriées comme : le deux poids deux mesures, prendre la partie pour le tout, les infos toxiques, la partialité des sources, l’occultation ou l’inversion cause/effet.
Dans le cas de l’information de substitution, la non information, elle, doit comporter certaines caractéristiques. En premier lieu, elle doit être crédible, c’est-à-dire qu’elle doit se situer dans la logique même de la matrice déjà établie; dans le cas des élections à l’Assemblée Constituante cette matrice est : violence, coup d’état, chaos, urgence humanitaire.

De plus, elle doit avoir comme base un fait certain comme le feu mis à quelque bureau de vote, des barricades incendiées, un quelconque incident isolé. Ce fait, du point de vue de l’importance sociale, est anecdotique ou ne peut être généralisé si l’on prend en compte l’évolution des votes. Cependant, pour ne pas donner l’information importante -celle qui, elle, est généralisable quantitativement et qualitativement-, il est fondamental de s’appuyer sur ce fait qui, entre les mains de la guerre médiatique, fonctionne, comme les attentats sous faux drapeaux ou attentats contre soi-même, (ceux qui sont commis pour rejeter la faute sur l’ennemi et justifier une intervention). Ainsi, lors de la journée d’élections vénézuélienne il y eut des incidents provoqués par l’opposition, un attentat contre la Garde Nationale Bolivarienne, des embuscades armées pour dissuader les votants et incendie de bureaux de vote. Mais si l’on prend la journée dans son ensemble, le fait notable a été l’attitude pacifique et la détermination des votants dans l’accomplissement de leur devoir électoral.

En troisième lieu, l’information de substitution doit être au rang du spectaculaire autant que l’information réelle, afin de retenir toute l’attention. La violence est toujours une information spectaculaire en soi, elle est capable de retenir l’attention et de reléguer tout autre fait. C’est pourquoi, même lorsque l’on ne dispose pas d’images de violence il faut que le journaliste apparaisse portant un gilet pare-balles, un masque à gaz et un casque, pour que notre cerveau prête foi aux actes de violence dont parle le reporter.
En quatrième lieu, elle doit être capable de concentrer l’attention de ceux qui sont critiques envers les médias de masse, afin que tout le potentiel de contre-information soit pointé vers la mise en cause du « messager » (les moyens de communication de masse). Nous, les intellectuels et analystes, nous nous focalisons sur la dénonciation de la manipulation des médias et nous laissons de côté la diffusion de l’information réelle, par exemple nous nous sommes concentrés sur la dénonciation de l’attentat contre la garde nationale bolivarienne, que les médias ont transformé en « répression contre Maduro » ou sur la dénonciation de la violence des paramilitaires de l’opposition qui sabotaient les élections, au lieu de parler des vénézuéliens élus pour réformer la Constitution, de leur origine sociale, de leur engagement envers leurs bases, des premières propositions pour la réforme de la Constitution, des problèmes d’impunité que souhaite résoudre la nouvelle carta magna … En théorie de la communication cela se comprend comme l’Agenda Setting, c’est-à-dire que ce sont les médias de masse qui imposent ce dont on parlera, qui fixent ce qui est important, ce qui ne doit apparaître dans aucun média, comment livrer l’information. L’agenda des médias de masse devient l’agenda de l’opinion publique.

Une autre non information de ces jours derniers a été « l’isolement international du Venezuela ». Aux Nations Unies, le Venezuela a obtenu le ferme appui de 57 pays qui, au sein du Conseil des Droits de l’Homme, approuvèrent une résolution de reconnaissance de la Constituante vénézuélienne et réclamèrent la non-ingérence. Parmi ces pays figuraient les plus peuplés au monde et quelques autres de grand poids international comme la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde ou le Pakistan.  
La non information qui remplaça celle-ci fut « Les Etats-Unis et les principaux pays d’Amérique Latine condamnent la Constituante de Maduro (El País) » information également présente dans la majorité des médias espagnols le lendemain des élections. 

Mais cette technique ne fonctionne que si l’on dispose du personnel spécialisé capable, presque spontanément, d’élaborer les non informations, capable de regarder ailleurs, bien équipé du déguisement du « reporter de guerre ». Ce sont les parajournalistes, et à la tête de la profession internationale se trouvent les espagnols, tant des médias de masse privés que des médias publics.
L’an dernier j’ai déjà défini ce que j’entends par parajournalistes : « Si l’on qualifie de paramilitaire celui qui est affilié à une organisation civile dotée d’une structure ou d’une discipline militaire, nous pouvons dire des parajournalistes qu’ils sont ces journalistes affiliés à des médias de masse qui suivent une discipline militaire, lançant des bombes informatives sur les objectifs définis par leurs entreprises ». Parmi ces derniers nous avons Marcos López et Nuria Ramos, correspondants de Télévision Espagnole, qui sans aucun doute méritent une mention spéciale pour leur mauvais travail journalistique, toujours prêts à se placer du côté de ceux qui jettent les bombes incendiaires sur la garde bolivarienne, capables de contredire sans difficulté les images que recueillent leurs propres appareils de photos, disposés à se faire les victimes –tout comme l’opposition- de la « répression du gouvernement bolivarien ».
La grande offensive contre le gouvernement du Venezuela de la part des médias de masse espagnols fait partie de la guerre mondiale contre tout processus qui ne se plie pas aux intérêts impérialistes. Nos parajournalistes jouent leur rôle comme membres de l’armée vassale. Ces jours derniers nous avons vérifié que la guerre médiatique contre le Venezuela est l’une des plus féroces que l’on connaisse, peut-être parce que l’escalade guerrière d’aujourd’hui est sans précédents, et qu’en réalité il n’existe pas différents types de guerre mais une seule qui revêt divers aspects. Si, comme dirait le Pape François, nous sommes face à une Troisième Guerre Mondiale dont nous ne voyons que des bribes, le Venezuela est aujourd’hui l’un des objectifs prioritaires pour l’empire. La difficulté vient de ce que, contrairement à ce que nous vendent les films de Hollywood, aujourd’hui la guerre ne se présente pas à nous sous la même forme qu’au siècle dernier, il nous est plus difficile de reconnaître son mode de déroulement et d’identifier ses nouveaux et ses anciens bataillons. 

Cette guerre contre le Venezuela essaie de combattre les deux piliers sur lesquels repose la Révolution bolivarienne : la souveraineté nationale et l’utopie socialiste. Elle vise à miner l’image du Venezuela à l’extérieur pour contrebalancer deux des traits les plus caractéristiques de la révolution bolivarienne : la voie pacifique et démocratique pour transformer le pays et l’utilisation de ses ressources naturelles pour améliorer les conditions de vie socio-économiques de la population. C’est-à-dire, miner l’image d’un pays qui construit une alternative au Capitalisme. En ce sens, le Venezuela a également pris la relève de Cuba comme référent de lutte pour d’autres peuples. Tout comme Cuba, il est devenu le mauvais exemple.

D’où les missiles qui sont constamment lancés depuis les médias de masse afin d’éviter l’appui à la révolution bolivarienne : la violence et l’autoritarisme. Il s’agit là de deux torpilles qui traditionnellement sont pointées sur la ligne de flottaison de toute utopie socialiste.

Avec un pareil objectif, les moyens de communication et tout le système de propagande contre le Venezuela visent très spécialement le terrain des campagnes électorales et mettent en cause sa démocratie. Il ne faut pas oublier que les élections sont la condition de la démocratie pour les élites politiques mais, seulement si l’on peut garantir que les gens votent ce qu’il faut, c’est-à-dire, si, grâce à la guerre des moyens de communication, l’on parvient à convaincre la population de qui doivent être leurs gouvernants.
 
Les guerres ne sont pas l’affaire des gouvernements, ni des corporations, ni des moyens de communication, ni des peuples. Les guerres sont le résultat de tous et de chacun de ces éléments. Les gouvernements déclarent la guerre mais, avant, les peuples assument qu’elle « était inévitable », mais, avant, les corporations font leurs comptes et le bilan des coûts et profits, mais, avant, les moyens de communication créent les conditions pour qu’il n’y ait pas de résistance.

Mais tout n’est pas perdu : selon un rapport élaboré par l’Université d’Oxford en 2015 et publié par l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme, sur les 11 pays européens étudiés, les moyens de communication espagnols sont les moins fiables. Au niveau mondial, quand sont étudiés les publics des Etats-Unis, Grande Bretagne, Allemagne, France, Espagne, Italie, Irlande, Danemark, Finlande, Brésil, Japon et Australie, seuls les moyens de communication étasuniens ont moins de crédibilité que les espagnols.

Ángeles Diez Rodríguez, Docteure en Sciences Politiques et en Sociologie, professeure de l’Universidad Complutense de Madrid.
 
Source : http://www.alainet.org/es/articulo/187357
Traduction : Michele ELICHIRIGOITY
URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-3f3